IVRESSE EN ROUE LIBRE
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Pour ce défi #334
l'amirale Dômi nous invite à embarquer dans sa machine à remonter le temps.
Une image suffit pour ouvrir la porte des souvenirs :
et cette envie douce de revisiter une époque plus légère.
À nous maintenant de choisir notre propre destination temporelle
qu’elle soit lointaine ou toute proche
et de laisser surgir ces instants qui continuent de briller dans la mémoire.
Je n’ai pas besoin de remonter quarante ans en arrière.
Vingt‑cinq suffisent pour retrouver l’un des rares moments où j’ai vraiment ri
Ri jusqu’à m’en inonder les vêtements.
À cette époque j’habitais rue des Tulipes à Téloché.
Une rue tranquille
Un voisinage simple
Et ce voisin dont la maison sentait toujours un peu le bois
Un peu le tabac
Un peu la vie.
Ce soir‑là j’avais décidé
Folie douce
De faire une dégustation d’alcool.
Moi qui n’en buvais jamais.
Je voulais comprendre ce que les autres appelaient "l’ivresse"
Ce vertige
Ce goût
Cette chaleur qui monte.
Mon voisin
Ravi de l’expérience
A ouvert son armoire de collection.
Une véritable bibliothèque liquide :
Étiquettes dorées.
Il avait l’air d’un sommelier pirate présentant son trésor.
Je ne sais plus ce que j’ai goûté.
Je sais seulement que je me suis écroulée d’ivresse sur son canapé
Comme une poupée de chiffon que l’on aurait posée là pour la nuit.
Et c’est là que la machine à remonter le temps a pris la forme la plus improbable :
Une brouette.
Pour me raccompagner mon voisin n’a pas cherché midi à quatorze heures.
Il a attrapé sa vieille brouette verte
Celle qui servait d’habitude à transporter du terreau
Et il m’a installée dedans comme si j’étais une princesse de pacotille.
Je me souviens du roulis
Des cahots
Du ciel qui tournait
De mes éclats de rire qui rebondissaient sur les murs de la rue.
Ce soir‑là mon carrosse de Cendrillon n’était pas tiré par des chevaux blancs
Mais poussé par un voisin hilare
Dans une brouette bringuebalante.
Et je crois que c’est pour ça que j’y retourne aujourd’hui :
Parce que dans cette brouette
J’avais trouvé un instant de pure joie
Un moment suspendu où la vie
Soudain
Ne pesait plus rien.
https://mariesylvie.blogspot.com/



C'est vrai c'est très amusant de se faire pousser dans une simple brouette, quand j'étais gamine un amie de mes frères me poussait dans une brouette autour du jardin, et je riais beaucoup aussi, mais sans l'aide de spiritueux... ce n'était qu'un joyeux rire d'enfant.
RépondreSupprimerBonne journée
Amitiés
Pure joie, cette brouette, ton carrosse de Cendrillon !
RépondreSupprimerBéa kimcat