LES NŒUDS DE VELOURS
LES NŒUDS DE VELOURS Les vitrines de la Clinique des Ormes n’osaient plus refléter le jour. Niché au cœur d’un parc aux arbres centenaires dont l’ombre étouffait les bruits de la ville Cet ancien hôtel particulier du XIXe siècle dissimulait ses secrets sous des airs de sanctuaire. Au premier étage Dans l’air lourd du bureau directorial Où flottait un parfum persistant de cire d'abeille contrarié par la pointe âcre de l'éther Le silence pesait le poids d'une sentence. Le parquet de chêne point de Hongrie Assombri par les ans Semblait retenir son souffle. Sur la table d’examen en verre trempé et tubes de chrome Dont l'éclat chirurgical contrastait avec les lourdes tentures de velours vert empire Le dossier médical était grand ouvert. Les pages blanches révélaient la vérité nue : Les recherches révolutionnaires du défunt Professeur n'étaient qu'une immense imposture Une mine d'or bâtie sur des données falsifiées et le silence acheté des ...