CE QUI SE VOIT ... CE QUI SE TAIT
CE QUI SE VOIT ... CE QUI SE TAIT La maison qui tenait debout. De l’extérieur tout semblait en ordre. La maison se tenait droite Les volets bien alignés Les jours bien rangés. On y voyait une existence stable Presque enviable Une vie qui ne débordait pas. À l’intérieur pourtant quelque chose se défaisait. Pas un drame Pas un cri. Une lente érosion comme une pierre que l’eau polit jusqu’à la rendre étrangère à elle-même. Chaque matin Christine se levait avec la sensation d’habiter une vie trop étroite . Les gestes étaient accomplis avec soin Mais sans souffle. Les mots étaient prononcés Mais sans voix. Les heures passaient Mais sans présence. Il fallait tenir. Toujours tenir. La fissure n’apparut pas soudainement. Elle avait commencé bien avant Dans un détail minuscule : Un regard qui ne voyait plus Un silence qui pesait trop Une fatigue qui ne parta...