SERRE LES POINGS ET BATS-TOI
Chaque Dimanche
j'ouvre ici un petit répertoire intime :
Celui des musiques qui m'ont frôlé les oreilles
redressé les poils sur les bras
arrêté mes pas dans la rue
ou traversé mon cœur comme un frisson inattendu.
Des chansons
des thèmes de films
des mélodies de guitare
violon
ou de piano
toutes ces notes qui un jour ont glissé en moi
comme une émotion claire
une douceur
une secousse
un souvenir.
Cette chronique dominicale devient ainsi le lieu
où je dépose ces instants sonores
ces vibrations minuscules
ces musiques qui ne m'ont pas seulement plu :
Elles m'ont touchée.
Il y a des périodes où la vie se rétrécit.
Où les jours semblent marcher de travers
Où l’on avance comme dans une brume épaisse
Sans savoir très bien comment retrouver son propre contour.
À cette époque j’étais dans cet entre‑deux fragile.
Une mauvaise passe
Une fatigue qui ne disait pas son nom
Une mélancolie qui s’installait comme un invité indésirable.
Christine une amie précieuse m’avait accueillie chez elle.
Elle avait cette douceur solide des gens qui savent offrir un refuge sans poser de questions.
Je déprimais.
Je me laissais glisser
Et elle veillait sur moi comme on veille sur une flamme vacillante.
Ce Dimanche-là pour " arroser ma mélancolie"
Comme elle disait avec un sourire tendre
Elle a mis un CD de Mike Brant.
La voix chaude
Vibrante
Presque trop belle pour un cœur fatigué.
Les premières chansons ont coulé dans la pièce comme une pluie lente :
Elles n’arrangeaient rien.
Elles creusaient même un peu plus la tristesse
Comme si elles voulaient lui donner une forme
Une voix
Une place.
Je me souviens de Christine qui me regardait du coin de l’œil
Inquiète de m’avoir plongée dans un bain musical trop sombre.
Je me souviens de mes mains serrées autour d’une tasse tiède
De ce silence entre deux notes
De cette sensation d’être un peu trop fragile pour le monde.
Et puis
Sans prévenir
Dans la continuité du CD
Une autre chanson est arrivée.
Une chanson qui ne pleurait pas.
Une chanson qui ne suppliait pas.
Une chanson qui se redressait.
Serre les poings et bats‑toi de Mike Brant
Les premières mesures ont traversé la pièce telle une lumière qui s’invite dans une chambre fermée.
La voix de Mike Brant soudain n’était plus une plainte :
C’était un appel.
Un souffle.
Un encouragement.
Je me souviens d’avoir levé la tête.
D’avoir senti quelque chose bouger en moi
Très légèrement
Comme une braise qui refuse de s’éteindre.
La chanson ne me consolait pas
Elle me rappelait.
Elle me rappelait que j’existais encore
Que je pouvais encore me battre
Que je n’étais pas seulement une ombre posée sur un canapé.
Christine a souri.
Elle a augmenté le volume.
Elle a dit :
《 Celle-là elle est pour toi. 》
Et dans ce salon
Un Dimanche ordinaire
Une chanson a fait ce que les mots n’arrivaient plus à faire :
Elle m’a relevée.
Pas entièrement
Pas d’un coup
Mais suffisamment pour que je recommence à respirer autrement.
Ce jour-là j’ai compris que certaines musiques ne sont pas faites pour consoler.
Elles sont faites pour réveiller.
https://mariesylvie.blogspot.com/


Bonjour Marie-Sylvie, une amie vraie, sincère qui a su... trouver la bonne chanson, en plus de son accueil, bravo ! Amitiés, jill
RépondreSupprimerJe me souviens très bien de cette chason !! J'érais si jeune et déjà bien meurtrie par mon enfance mais elle disait ce que je pensais et je suis là à présent sans avoir oublier mais j'ai ouvert d'autres portes !!
RépondreSupprimerEn son temps j'avais repéré cette chanson, elle m'avait marqué.
RépondreSupprimerFA
Ton amie t'a bien aidée à sortir la tête hors de l'eau avec Mike Brant, chanteur que je ne connais pas très bien.
RépondreSupprimerBon dimanche
Amitiés
Ah Mike Brant ! Sa voix chaude et vibrante... Et ses chansons que j'appréciais beaucoup...
RépondreSupprimerTon amie Christine t'a bien aidée...
Bon dimanche ma chère Marie Sylvie
Amitiés du jour
Béa kimcat