SOUS LES LIONS DE LA MÉMOIRE
LE DÉFI DU SAMEDI
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DÉFI # 939
Pour ce Défi du Samedi #939
Walrus propose une photographie saisissante :
La façade d’un monument somptueux
ornée de lions dorés
et de dorures qui semblent porter la mémoire du monde.
Cette image
à la fois majestueuse et silencieuse
m’a inspiré un récit où se mêlent civisme
histoire et fragilité humaine.
Je vous présente aujourd’hui ma participation
née de ce monument qui veille
et rappelle ce que nous ne devrions jamais oublier.
SOUS LES LIONS DE LA MÉMOIRE
Il y a des façades qui ne se contentent pas d’être des murs.
Certaines portent en elles une respiration ancienne
Un souffle que le temps n’a pas réussi à effacer.
Lorsque je lève les yeux vers ce monument
Avec ses lions dorés dressés comme des gardiens immobiles
Je sens aussitôt remonter ce que l’école voulait m’apprendre lorsque j’étais enfant :
Respecter
Comprendre que la vie collective est un fragile équilibre.
Dans les petites classes on nous parlait de civisme comme d’une évidence.
On nous apprenait à partager la cour
À écouter
À tendre la main.
Et dans les cours d’histoire on nous montrait la désolation des guerres
Ces gouffres humains qu’il ne faudrait jamais revoir.
Je me souviens encore de ces cartes colorées
De ces dates alignées
De ces récits qui faisaient trembler les voix des instituteurs.
Tout semblait si clair :
Plus jamais.
Alors devant ce monument somptueux
Sculpté avec une précision presque douloureuse
Je ressens tout ce que l’humanité a voulu graver dans la pierre pour ne pas oublier.
Les dorures brillent comme des éclats de mémoire.
Les visages sculptés semblent veiller sur nos erreurs.
Les colonnes droites et fières portent le poids de ce que les hommes ont vécu
Perdu
Reconstruit.
Et pourtant… malgré ces témoins silencieux
Malgré ces façades qui murmurent
《 souviens‑toi 》
Je continue de vivre dans la crainte d’une guerre mondiale.
Comme si les leçons apprises sur les bancs d’école s’étaient dissipées dans le tumulte du monde adulte.
Comme si la citoyenneté elle n’avançait plus au même rythme que la mémoire.
J’admire ces monuments qui racontent l’Histoire.
Je les admire pour leur beauté
Pour leur force
Pour leur fidélité à ce qu’ils protègent.
Mais je déplore que l’avancée citoyenne oublie.
Qu’elle s’effrite.
Qu’elle se perde dans les bruits de l’époque.
Parfois j’ai l’impression que les pierres se souviennent mieux que les hommes.
Alors je reste là un instant sous les lions dorés.
Je laisse la façade me parler
Me rappeler
Me ramener à ce que je sais depuis toujours :
La paix n’est jamais acquise
La mémoire n’est jamais garantie
Et le civisme n’est jamais un acquis
Mais un choix chaque jour renouvelé.
Et peut‑être que c’est cela
Finalement
Que ce monument tente de me dire :
Tant que quelqu’un lève les yeux vers lui
Tant que quelqu’un écoute ce qu’il raconte
La mémoire continue de vivre.
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