MON BAGAGE DE SECOURS
UNE BONNE NOUVELLE PAR JOUR
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Pour ce Café Thé #196
Brigitte nous invite à réfléchir à ce que nous mettrions dans notre 《 sac de secours 》
ce bagage d’urgence que l’on préparerait en cas d’évacuation
qu’elle soit due à un événement climatique
une crise ou une situation de danger.
Un thème qui ouvre autant la porte au concret qu’à l’intime
à la réalité qu’à l’imaginaire.
J’ai choisi d’y répondre à ma manière
en tissant un récit qui mêle le vrai et le fictif.
Ce que je raconte est inventé
mais il s’appuie sur une vérité simple :
Si je devais un jour être évacuée
ce serait pour moi une véritable épreuve
une organisation complexe où chaque détail compte pour ma survie.
Voici donc ma participation à ce Café Thé :
Un récit où le bagage de secours devient
un compagnon
une nécessité
mais aussi un espace de douceur
accompagné par mes deux chattes
qui veillent toujours près de moi.
MON BAGAGE DE SECOURS
La nuit tombe sur Le Mans
Et je reconnais ce moment précis où l'air change.
Ce n'est pas seulement le froid ou l'humidité : C'est cette tension qui s'installe dans les rues
Ce mélange de silence et de bruit qui n'a rien de normal.
Les motos trafiquées commencent à tourner en rond
Les éclats de voix montent depuis les parkings
Les groupes se rassemblent près des halls d'immeubles.
Je connais ces soirs-là.
Je sais quand le quartier bascule.
Ce soir-là les unités spéciales ont été appelées.
On m'a prévenue:
《 On va devoir vous évacuer.
Préparez un bagage. 》
Je ne peux pas courir.
Je ne peux pas me déplacer seule.
Alors je dois être prête ... vraiment prête.
Je pose mon bagage sur le lit :
Un modèle solide à roulettes que je peux tirer sans me faire mal.
Je vérifie la poignée
La fermeture éclair
Le poids.
Je n'ai pas le droit à l'erreur.
Je commence par l'indispensable
Je glisse ma carte d'identité
Ma carte vitale
Mes ordonnances
Mes documents médicaux.
Je mets aussi une copie de mes papiers dans une pochette plastique au cas où le bagage serait fouillé ou mouillé.
Je prends mon téléphone
Mon chargeur.
Je vérifie le niveau de batterie: 100 %.
Je sais que chaque pourcentage compte.
J' ajoute mon petit carnet où j'ai noté les numéros importants :
Médecin
Pharmacie
Voisins de confiance
Amis
Services d'urgence.
Dans le stress la mémoire peut se brouiller.
Je mets une bouteille d'eau
Mes médicaments du jour et ceux de secours.
Je glisse une trousse avec mes traitements classés par ordre d'urgence.
Je prends une couverture légère et facile à plier.
Une lampe de poche.
Un masque.
Des lingettes.
Un petit gel hydroalcoolique.
Un coussin pour m'installer sans douleur dans le véhicule parce que mon immobilité ne me laisse aucune marge.
Je prends aussi ce qui m'aide à tenir
Un petit objet turquoise ma couleur refuge.
Je le serre dans ma main quelques secondes pour calmer mon souffle.
Je prends la phrase de Frère Jean écrite depuis longtemps sur un papier que je garde dans un tiroir :
《 Quand le monde tremble
Tiens-toi du côté de la lumière. 》
Je la relis.
Elle me tient debout.
Une odeur familière peut aussi calmer plus vite que n'importe quel médicament.
Mes deux chattes comprennent avant que l'on frappe
Yre-Au-Griff observe sans bruit.
Elle se poste près de la porte comme si elle attendait quelque chose.
Ses oreilles bougent au moindre son dans le couloir.
Maïtshane elle vient se coller contre ma jambe.
Elle sent ma tension.
Elle la boit.
Elle la transforme en chaleur.
Elles ne miaulent pas.
Elles ne paniquent pas.
Elles savent.
Elles restent près du bagage.
Yre-Au-Griff pose sa patte dessus comme pour dire :
《 Je surveille.》
Maïtshane se glisse contre moi comme pour dire :
《 Respire. 》
Je leur parle doucement pour ne pas qu'elles s'inquiètent.
Je leur dis que je reviendrai.
Que ce n'est qu'un passage.
Je ferme le bagage
Je glisse un dernier papier :
Quelques lignes que j'ai écrites
Un petit texte qui me rappelle que je suis encore là
Que je tiens
Que je traverse.
Je ferme la fermeture éclair.
Je vérifie deux fois.
Je m'assure que rien ne dépasse.
Dans le couloir j'entends des pas lourds.
Des voix brèves.
Des radios qui grésillent.
Les unités spéciales frappent à la porte.
Je sursaute mais je suis prête.
Yre-Au-Griff relève la tête.
Maïtshane cligne doucement des yeux.
Je prends le bagage.
J'inspire une fois profondément.
Et je murmure :
《 On y va.》
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Bonjour Marie-Sylvie, que ce soit à cause d'une catastrophe naturelle, d'un état de guerre, etc... quitter sa résidence n'a rien de drôle pour chacun.... Merci, amitiés, jill
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