L'OMBRE DES LETTRES INCONNUES
Récit d’un mal‑être
né dans le silence des autres
En 2006 quelque chose a commencé à se fissurer autour de moi sans que je comprenne pourquoi.
Ce n’était pas un événement brutal
Pas un choc visible.
C’était plus sourd
Plus insidieux :
Une impression que le monde se décalait d’un millimètre
Juste assez pour que tout sonne faux.
Je sentais des regards qui glissaient
Des silences qui s’installaient.
Des relations qui se détournaient sans explication.
Je me demandais ce que j’avais fait
Ce que j’avais dit
Ce que j’avais manqué.
Je cherchais des causes
Des fautes
Des traces.
Je ne trouvais rien.
À l’intérieur un malaise grandissait.
Une sensation d’être observée sans être entendue
Jugée sans être consultée.
Comme si une autre version de moi circulait quelque part
Une version que je ne connaissais pas mais que les autres semblaient croire.
Je vivais dans cette incompréhension-là :
Un brouillard qui ne venait pas de moi mais qui m’enveloppait malgré tout.
Puis un matin les gendarmes ont frappé à mon portail.
Ils escortaient un médecin.
Ils avaient un ordre préfectoral.
Ils venaient m’hospitaliser.
Je me souviens de la stupeur d’abord.
Puis de la panique.
Puis de cette sensation d’être avalée par une réalité qui n’était pas la mienne.
Je hurlais que je ne comprenais pas
Que rien n’avait de sens
Que je n’avais rien demandé.
Mais mes mots semblaient flotter dans l’air sans atteindre personne.
C’est après
Bien après
Que j’ai appris l’existence des lettres.
Pas une.
Plusieurs.
Propres.
Nettes.
Envoyées en recommandé comme si quelqu’un avait pris soin de donner à ces mensonges l’apparence d’une vérité administrative.
On y annonçait ma cessation d’activité.
On y parlait d’un mariage imaginaire.
On décidait de ma vie à ma place
Avec mon nom
Sans mon consentement.
Lorsque j’ai compris cela
Quelque chose en moi s’est effondré.
Ce n’était plus seulement l’incompréhension :
C’était la trahison d’une identité volée.
La découverte que quelqu’un avait écrit à ma place
Pensé à ma place
Signé à ma place.
Et que ces lettres avaient eu plus de poids que ma parole vivante.
J’ai essayé d’expliquer.
J’ai raconté
Redit
Insisté.
Mais comment croire une femme déjà fragilisée
Déjà enfermée
Déjà blessée ?
Les lettres elles étaient impeccables.
Et dans ce monde-là le papier dactylographié fait loi.
Ce que j’ai vécu ce n’est pas seulement l’enfermement.
C’est l’effacement.
L’effacement de ma voix
De ma vérité
De mon identité.
C’est le mal-être de sentir que quelque chose se joue dans votre dos sans savoir quoi.
Puis la douleur de découvrir que ce "quoi "a été tapé noir sur blanc
Méthodiquement
Par un inconnu.
Aujourd’hui encore je porte ce souvenir comme une ombre intérieure.
La preuve que l’on peut être dépossédée de soi par quelques lignes dactylographiées.
La preuve qu’une vie peut basculer parce que quelqu’un
Quelque part
A décidé d’écrire votre destin à votre place.
https://mariesylvie.blogspot.com/


Bonjour Marie-Sylvie, ben mince alors ! Ce genre de personnage est un fléau pour les autres, et dire qu'on les croit eux.... Merci, amitiés jill
RépondreSupprimerMais c'est horrible !!
RépondreSupprimerBonjour Marie Sylvie
Ces usurpateurs hélas sévissent partout. Les corbeaux les voleurs de vie !
C'est terrible les situations que cela peu engendrer !
Je t'embrasse et encore merci de tes visites tu es gentille et fidèle.
il est des corbeaux qui méritent le pire, des sadiques qui veulent au mal rajouter du mal.
RépondreSupprimerQuelle horreur!
Fa
Ton histoire fait dresser les cheveux de peur, être à ce point la proie des autres, par une simples feuilles dactylographiée, c'est tout simplement aberrant !
RépondreSupprimerBonne journée
Amitiés
Coucou Marie Sylvie
RépondreSupprimerEt bien, quelle histoire !
Être victime d.un corbeau est traumatisant.
Bises et bonne journée. Zaza
Quelle histoire traumatisante !!!... ça glace le sang...
RépondreSupprimerBéa kimcat
Bonsoir Marie-Sylvie. J'espère que c'est de la fiction car si cela t'est vraiment arrivé, c'est atroce. Bonne soirée
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