LA PÊCHE D'UN SON INOUBLIABLE
MIL ET UNE ENCORE ...
https://miletune2.com/2026/09/12/sujet-200-du-12-septembre-au-19-septembre/
Pour ce deux‑centième défi proposé par Lilou
j’ai laissé mes mots se déposer au bord de l’eau
là où l’illustration de Bobi murmure une histoire de fil
de silence et d’attente.
Le thème " La pêche à l’amourette "
et le mot facultatif
ont réveillé en moi un souvenir ancien
un son venu d’ailleurs
pêché un jour dans une cuisine où je n’étais qu’une enfant.
Cet écrit est né de cette petite prise inattendue :
discret mais tenace
qui m’a suivie toute ma vie.
un fil invisible
un son inoubliable.
LA PÊCHE D'UN SON INOUBLIABLE
Il y a des souvenirs qui ne s'annoncent pas.
Ils ne frappent pas à la porte.
Ils ne disent pas leur nom.
Ils se glissent dans une pièce
Dans un souffle
Dans une musique.
Moi j'étais une enfant
Une petite silhouette docile envoyée pour une corvée de couture chez Madame Lair
Une vieille femme dont les mains semblaient avoir cousu plus de vies que de tissus.
Sa cuisine sentait le lait chauffé et le bois ancien
Et cette étrange solitude des maisons où le temps a cessé de courir.
Je cousais maladroitement en tirant le fil comme on tire une journée trop longue.
Elle derrière moi regardait un film.
Je ne voyais rien de l'écran
Seulement la lumière mouvante qui dansait sur les carreaux.
Mais soudain quelque chose a traversé l'air.
Un violon.
Pas un violon sage
Pas un violon discipliné
Pas un violon de salon.
Un violon qui semblait venir de loin
De très loin
D'un pays où le vent porte des parfums de sable et de nuit.
Je me suis figée.
Ce son m'a frôlée comme une aile.
Il a glissé dans mon oreille
Puis dans ma poitrine
Puis dans un endroit que je ne savais pas encore nommer.
Je ne connaissais pas le film
Je ne connaissais pas la musique
Mais je savais que quelque chose venait de m'attraper.
Une pêche à l'amourette
Silencieuse
Invisible
Mais irrémédiable.
Pendant des années j'ai recherché cet air.
On me proposait du classique.
On insistait
On m'imposait même parfois ces violons prestigieux que l'on brandit comme des vérités.
Mais moi je savais.
Je savais que ce violon-là n'avait rien à voir avec Les Quatre Saisons de Antonio Vivaldi.
Le mien avait la poussière du désert
La langueur des caravanes
La brûlure douce des couchers de soleil.
Il avait l'Orient dans ses cordes.
Lorsque j'ai enfin retrouvé le film
Ce fut comme retrouver un visage aimé que l'on croyait perdu.
La musique m'a enveloppée
M'a reconnue
M'a reprise exactement là où elle m'avait laissée
Dans la cuisine de Madame Lair
Avec mes doigts d'enfant et mon cœur en éveil.
Encore aujourd'hui ces accords me traversent comme une caresse ancienne.
Ils ne m'expliquent rien.
Ils ne me raisonnent pas.
Ils me reconnaissent.
Et peut-être est-ce cela le mystère :
Certaines musiques ne nous choisissent pas pour ce que nous sommes
Mais pour ce que nous allons devenir.
https://mariesylvie.blogspot.com/



Bonjour Marie-Sylvie, le défi de MiletUne a réveillé un souvenir, une musique, un film, et quel film.... Nous devons tous avoir une musique qui nous a marqué un jour.... merci, amitiés, jill
RépondreSupprimeril est de beau souvenirs qui avec le temps remonte on ne sait pourquoi.
RépondreSupprimeren tout las cas le tient est joli.
J'aime beaucoup
FA
C'est vrai que la musique de ce film est très belle, mais j'avoue que l'histoire ne me plait, c'est en fait l'histoire vraie d'un homme, qui trahit son pays.
RépondreSupprimerBonne journée
Amitiés
De beaux souvenirs musicaux !
RépondreSupprimerBon samedi ma chère Marie Sylvie
Pensées amicales
Béa kimcat
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerMagnifique participation à ce défi
Ce violon et cet air du film Laurence d'Arabie t'a fait voyager.
Je ne me souvenais plus de la musique du film et je viens de réécouter la bande originale de la musique et je comprends mieux ton émoustillement d'adolescente.
Bises et bonne journée. Zaza
Bonsoir Marie-Sylvie. tu nous contes un joli souvenir musical, de ce morceau de violon qui t'a marquée. Bonne soirée
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