PAS DE CHASSE SUR UNE TERRE EN DEUIL

 








Je prends la parole parce que je ne peux plus supporter ce que mes yeux voient chaque jour.  
Je marche dans des territoires qui ne sont plus des territoires.  
Ce ne sont plus des forêts
Ce sont des plaies ouvertes.  
Des étendues de cendres où la lumière s’accroche comme à une peau brûlée.  
Des arbres debout mais morts
Dressés comme des colonnes funéraires.  
Des sols si secs qu’ils se fissurent sous mes pas
Comme si la terre elle-même se brisait.

Et pourtant l’ouverture générale de la chasse pour la saison 2026‑2027 en France s’échelonne déjà entre le 13 et le 27 Septembre 2026 selon les départements.  
Comme si les flammes n’avaient pas ravagé des vies.  
Comme si les animaux n’avaient pas couru jusqu’à l’effondrement.  
Comme si la nature n’était pas encore en train de lutter pour ne pas disparaître.

Je ne peux pas accepter cela.

Je vois des chevreuils qui avancent avec la lenteur des êtres qui ont trop souffert.  
Leurs flancs sont creusés
Leurs pattes tremblent 
Leurs yeux sont immenses 
Des yeux qui ne comprennent plus le monde.  

Je vois des sangliers dont la peau porte encore les marques du feu
Des zones pelées
Des cicatrices rosées.  
Ils fouillent la terre
Mais la terre ne leur donne plus rien.

Je vois des renards amaigris
Le pelage roussi
Qui trottent sans but dans des clairières où plus rien ne bouge.  

Je vois des lièvres qui ne courent plus
Qui se déplacent par bonds hésitants
Comme s’ils craignaient que le sol s’effondre sous eux.  

Je vois des oiseaux silencieux
Perchés sur des branches mortes
Incapables de chanter parce que leur territoire n’a plus de voix.

Je vois des traces de fuite partout.  
Des empreintes affolées dans la cendre.  
Des terriers effondrés.  
Des nids réduits en poussière.  
Des mares disparues.  
Des sources qui ne coulent plus.  
Des silhouettes animales qui semblent flotter dans un monde qui n’est plus le leur.

Et dans ce décor de fin du monde on voudrait encore ajouter le bruit des fusils.

Je demande que la chasse soit suspendue.  
Pas par idéologie.  
Pas par opposition.  
Mais par humanité.  
Par décence.  
Par respect pour un monde vivant qui a été ravagé 
Et qui tente
Tant bien que mal
De se relever.

Les animaux qui ont survécu ne sont pas des gibiers.  
Ce sont des survivants.  
Des êtres qui ont fui les flammes
Qui ont perdu leurs refuges
Leurs petits
Leurs repères.  
Ils portent sur leurs corps les marques du feu
Et dans leurs comportements la mémoire de la peur.

Je demande qu’on laisse la forêt respirer.  
Qu’on laisse les collines repousser.  
Qu’on laisse les survivants reconstruire leurs territoires sans devoir fuir à nouveau.  
Qu’on laisse la vie reprendre ses droits sans lui imposer de nouvelles blessures.

Je demande que la chasse se taise.  
Juste un temps.  
Le temps que la nature retrouve son chemin.  
Le temps que les animaux puissent se reconstruire.  
Le temps que la terre cesse de souffrir.

Je prends la parole parce que je refuse de détourner le regard.  
Parce que je crois que la beauté d’un monde vivant vaut plus que le frisson d’une traque.  
Parce que je crois que la terre brûlée mérite qu’on la protège
Pas qu’on la presse.  
Parce que je sais que si nous ne faisons rien 
Le silence des forêts deviendra définitif.




Je n’ai pas de compte Facebook
Ni d’autres réseaux sociaux pour porter cet appel plus loin que ma voix. 

Alors 
Si vous qui me lisez
Vous qui traversez ces mots comme on traverse une forêt blessée
Pouvez faire circuler ce message
Le partager
Le transmettre
Le murmurer
Le relayer
Je vous adresse un immense merci.  

Que votre geste devienne une branche tendue vers le vivant
Une manière de protéger ce qui ne peut plus se défendre seul.











https://mariesylvie.blogspot.com/

Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, que cet automne les fusils de chasse se taisent, par respect d'une faune endeuillée elle aussi.... Laissons le temps au temps de guérir ces blessures... merci, amitiés jill

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  2. tout est détruit sous les flammes, vendez vos fusils.

    FA


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  3. Je suis d'accord à 200% avec toi, je ne comprends vraiment pas ce que les chasseurs vont faire dans ces forêts en souffrance, les pauvres bêtes n'auront même plus de halliers où se cacher, c'est un crime contre la nature !
    Bonne journée
    Amitiés

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  4. Coucou Marie Sylvie.
    Le spectacle de ces forêts ravagées par le feu me fait mal aussi.
    Les animaux en payent un lord tribut.
    Je déteste déjà la chasse et j'espère de tout cœur que son ouverture sera annulée cette année.
    Bises et bonne journée. Zaza

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