L'ÉCLAT QUE PORTE LE CŒUR

 


L'ÉCRITURE PARTAGÉE

https://defisetmoidanmaimistic.blogspot.com/2026/08/liste-117-et-image-64.html?m=1








Pour cette mi‑Août
Anne‑Marie nous invite à explorer la Liste #117
une constellation de dix mots : 

Solidarité - Hasard - Frémissant - Prince - Instinct - Se tromper ou Tromper - Spectaculaire - Reprendre - Erreur - Accessoire.  

Une liste qui ouvre des chemins inattendus
des portes intérieures
des nuances de vie où la fragilité côtoie la lumière.

À partir de ces mots j’ai choisi de participer en tissant une réflexion intime sur les bijoux
 sur ce qu’ils révèlent ou dissimulent
et sur la beauté véritable 
celle qui ne dépend ni des formes
ni des miroirs 
mais du cœur qui continue de battre malgré les épreuves.

Voici donc mon récit
une traversée sensible où les mots imposés deviennent des éclats silencieux
guidant une parole qui cherche moins à briller qu’à être vraie.










L'ÉCLAT QUE PORTE LE CŒUR


Les bijoux ont toujours été présentés comme des éclats de grâce
Des petites lumières posées sur la peau pour souligner une courbe
Un sourire
Un geste.  

Mais moi
Je vois bien qu’ils ne disent rien de la solidarité
Ils ne racontent pas l’histoire de celles qui
Comme moi
Avancent avec un corps meurtri
Un corps qui a dû reprendre sa route 
Malgré l’erreur brutale d’un accident
Malgré la fracture qui a bouleversé mon équateur intérieur.

Les femmes qui portent des bijoux semblent parfois exhiber une richesse qui n’est qu’un accessoire
Un éclat extérieur qui masque le hasard de la vie
Ses blessures
Ses failles.  
Elles brillent
Certes oui
Mais ce n’est pas toujours un frémissant éclat de vérité.  

Parfois c’est juste une façade
Un rôle
Une illusion de prince ou de princesse.

Moi je ne me trompe pas :  
Les bijoux devraient être donnés à celles qui en ont instinctivement besoin
À celles dont le corps a été bousculé
Gonflé
Transformé par la douleur
À celles qui ne cherchent pas à paraître
Mais à se retrouver.

Les bijoux devraient être comme une perruque pour les femmes atteinte d'un cancer.
Non pas un luxe mais un geste de dignité.  
Un geste de lumière.  
Un geste de cœur.

Car la vraie beauté n’est jamais spectaculaire
Elle ne se porte pas autour du cou
Ni au poignet.  
Elle se porte dans la façon dont je continue à vivre malgré tout
Dans la façon dont je me relève
Dans la façon dont j’aime encore
Dans la façon dont je parle avec douceur même lorsque mon corps crie.

Ma beauté ne dépend d’aucun miroir.  
Elle ne dépend d’aucune forme.  
Elle ne dépend d’aucune peau.

Ma beauté ne peut pas se tromper
Parce qu’elle vient du cœur
Et que le cœur lui ne ment jamais.



Dans mon cœur frémissant
Je laisse l'instinct reprendre la clé de mes hasards : 
Un prince qui refuse de se tromper
Transformant l'accessoire en solidarité
Loin du spectaculaire et des erreurs. 
















Pour ce nouveau défi
Anne‑Marie nous propose l’image #67 : 
une clé qui semble prête à révéler un ailleurs. 
 
Une image qui parle de seuil
de passage
 de ce moment fragile où l’on hésite avant d’entrer
où l’on retient son souffle avant de tourner la clé.  

Elle invite à explorer ce qui se joue entre l’extérieur et l’intérieur
entre ce que l’on montre et ce que l’on garde
entre ce que l’on franchit et ce que l’on redoute.

Face à cette image mon interprétation n’a pas choisi la magie ni le mystère : 
Elle a choisi la mémoire.  
Car cette serrure m’a ramenée vingt ans en arrière
 à un soir où
mes mains tremblaient tellement que la clé refusait d’entrer.  

Un soir où la peur m’a rendue vertigineuse
 où mon corps a parlé avant mes mots
 où j’ai compris que certaines portes ne protègent pas toujours
et que certains seuils peuvent devenir des lieux de frisson
d’alerte
de survie.

C’est ce souvenir que j’ai décidé d’écrire.  
Un souvenir qui ne s’est jamais effacé
un souvenir qui a laissé une empreinte dans mes gestes
un souvenir que cette image a réveillé comme une lumière derrière une serrure.

Voici donc mon texte ... né de ce vertige-là.













Je me souviens d’abord du poids.  
Le poids des quatre étages sans ascenseur que je montais chaque jour comme on gravit une montagne familière.  
Mes jambes tiraient
Mes épaules brûlaient
Mais c’était un effort simple
Un effort qui avait un sens : 
Rentrer chez moi.

Puis il y a eu un autre poids.  
Un poids invisible
Celui qui s’installe dans la poitrine quand on comprend que quelque chose ne va plus.  
Les premiers cambriolages n’ont pas laissé de traces visibles
Mais mon corps lui a senti l’intrusion avant même que mes yeux ne la constatent.  
Une tension dans la nuque
Un frisson dans le dos
Une manière différente de respirer en entrant dans l’appartement.  
Comme si l’air avait été déplacé par quelqu’un d’autre.

Lorsque j’ai signalé les intrusions on m’a répondu que c’était impossible.  
Impossible de cambrioler un logement social.  
Impossible que je dise vrai.  
Impossible que mon corps sache ce qu’il savait.

Alors j’ai inventé ma propre preuve.  
Je me revois écraser la craie entre mes doigts : 
La poudre fine
Douce
Presque chaude
Qui se déposait sur ma peau.  
Je la répandais sur le seuil 
Et mon cœur battait plus vite comme si ce geste simple était une déclaration de guerre silencieuse.  
Je sentais mes mains trembler légèrement non pas de peur mais d’une vigilance nouvelle.  
Mon corps devenait un radar.

Les jours suivants chaque montée d’escalier était une épreuve.  
Mes muscles étaient tendus
Mes pas plus lents
Mes oreilles plus attentives.  
Je sentais mon souffle se raccourcir à mesure que j’approchais de ma porte comme si mon corps anticipait ce qu’il allait découvrir.

Puis un soir les empreintes sont apparues.  
Des traces de craie dans la cage d’escalier.  
Mon ventre s’est contracté d’un coup
Une douleur brève comme un coup de poing intérieur.  
Mes mains sont devenues froides.  
Mes jambes ont hésité.  
Chaque marche était un vertige.

Arrivée devant ma porte mes doigts ne répondaient plus.  
La clé glissait entre eux comme si elle refusait de coopérer.  
Ma main tremblait tellement que je ne parvenais pas à viser la serrure.  
Je sentais mon cœur battre dans mes tempes
Dans ma gorge
Dans mes poignets.  
Un battement lourd 
Irrégulier
Presque douloureux.

Le métal de la serrure était glacé.  
Je me souviens de cette sensation précise : 
Le froid contre ma peau brûlante.  
Un contraste brutal comme si la porte elle-même me renvoyait ma peur.

Je respirais par petites saccades.  
Mon corps entier était en alerte
Tendu
Prêt à fuir ou à se figer.  
Je savais que quelqu’un avait été là.  
Je le savais dans mes muscles
Dans mon souffle
Dans ce tremblement qui ne venait pas de la clé mais de moi.

Ce souvenir même vingt ans plus tard ne s’est pas effacé.  
Il revient par vagues : 
Un frisson dans le dos
Une crispation dans les doigts
Une accélération du cœur.  
Le corps n’oublie pas ce que l’esprit essaie de ranger dans un tiroir.

Ce chapitre de ma vie n’est pas seulement une histoire.  
C’est une empreinte physique
Une mémoire inscrite dans mes gestes
Dans ma respiration
Dans ma manière d’approcher une porte encore aujourd’hui.  
C’est la preuve que j’ai survécu à des choses que personne n’a voulu entendre
Et que mon corps lui a tout retenu.

MARIE SYLVIE








https://mariesylvie.blogspot.com/

Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie.... chapeau bas !!! Mots imposés et image.... Que ta journée soit douce, amitiés jill

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  2. UNE BELL RÉUSSITE QUE CES BEAUX TEXTE BRAVO

    FA

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  3. Coucou Marie Sylvie
    Des défis auxquels tu as répondu avec brio. Bravo.
    Bises et bonne journée. Zaza

    RépondreSupprimer
  4. Félicitations pour ces deux beaux textes, mais il y a des femmes qui portent des bijoux non pour la parade, mais parce que tout simplement cela leur faut plaisir, c'est mon cas, pas de gros ni beaucoup de bijoux tape à l'oeil, mais... j'en porte : ma bague de fiançailles, un collier de ma grand-mère reçu en héritage et des boucles d'oreilles offertes par mon époux pour la naissance de notre fille et...ma montre pour les avoir avec moi !
    Bonne journée
    Amitiés

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    Réponses
    1. Ma chère Livia

      Merci pour ton message si délicat.
      J’ai beaucoup aimé la façon dont tu parles de tes bijoux :
      Non pas comme des objets que l’on montre mais comme des présences qui accompagnent, qui rassurent, qui relient à ceux que l’on aime.
      Ton engagement, le collier de ta grand‑mère, les boucles offertes pour la naissance de ta fille… ce sont des éclats de vie, des souvenirs qui se portent comme on porte une tendresse.

      Merci d’avoir partagé ce petit morceau de ton histoire, il ajoute une lumière douce à ce défi.

      Belle journée à toi,
      Amitiés,
      Marie Sylvie

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