QUAND LA FICTION SE FISSURE
SAMEDI DÉFI
https://samedidefi.blogspot.com/2026/06/defi-930.html?m=1
DÉFI # 930
Cette semaine
dans la douce continuité de l'alphabet proposé par Walrus
nous arrivons à la lettre D.
Et pour l'accompagner
un mot qui porte en lui des ombres des glissements
des mondes qui se détraquent :
Un mot qui semble d’abord appartenir aux romans
aux écrans
aux univers imaginaires…
mais qui
parfois
s’approche si près de la réalité qu’il en devient une métaphore troublante
comme si la fiction
un instant
se fissurait pour laisser passer une vérité trop grande.
C’est dans cet interstice
entre le réel et l’image
entre la vie et le décor
que j’ai posé ma participation.
Un texte où le monde vacille doucement
où les rues ressemblent à des scènes de cinéma
où une mère avance dans une ville qui retient son souffle.
Je vous propose donc :
Un voyage dans une dystopie douce
où la lumière refuse de s’éteindre malgré les failles du monde.
QUAND LA FICTON SE FISSURE
Dans ce monde-là
On disait que la réalité avait glissé
Un soir
Comme une image mal calée sur l’écran.
Les couleurs avaient pâli
Les voix semblaient venir de trop loin
Et les rues ressemblaient à des décors de cinéma que l’on aurait oubliés de démonter.
Les gens continuaient de marcher
De parler
De vivre
Mais quelque chose avait changé dans l’air.
Un souffle.
Un manque.
Un silence qui ne venait pas du vent.
On racontait qu’un jour
Une mère avait perdu son enfant
Et que ce simple fait
Si simple
Si monstrueux
Avait fissuré le monde.
Comme si la réalité
Incapable de supporter l’injustice
Avait commencé à se comporter comme une fiction.
Les lampadaires clignotaient comme dans les films.
Les journaux parlaient comme dans les romans.
Les autorités répondaient comme dans les séries où l’on sait déjà que rien ne sera réparé.
Alors la mère s’est mise à marcher dans cette ville détraquée.
Elle avançait doucement
Comme si chaque pas était une caresse sur un sol devenu fragile.
Et partout où elle passait
Les façades semblaient retenir leur souffle.
Les ombres se faisaient plus tendres.
Les bruits plus timides.
Parce qu’elle portait en elle une lumière que même la dystopie ne pouvait avaler.
On disait que dans son regard
Il y avait un éclat qui démentait le monde.
Un éclat qui disait :
《 Vous pouvez tordre la réalité
Vous pouvez la rendre sombre
Vous pouvez la faire ressembler à un film qui fait peur…
Mais vous ne pourrez jamais effacer l’amour. 》
Et depuis ce jour
La ville
Pourtant cabossée
Pourtant brisée
S’est mise à changer.
Pas d’un coup.
Pas comme dans les histoires.
Mais comme une braise qui refuse de s’éteindre.
Une dystopie oui
Mais une dystopie où une mère marche encore.
Et où
À chacun de ses pas
Le monde se souvient qu’il pourrait redevenir vivant.



RépondreSupprimervoilà un monde où il ne ait pas bon de vivre
FA
Un monde de rêve, Marie Sylvie.
RépondreSupprimerBises et bon samedi. Zaza