L'OISEAU QUI SE LAISSE APPROCHER
ATELIER 08 - 2026
SUJET 04
A ) Ecrire un texte avec l'épiphore suivante :
" Je déteste " [répétition en fin de phrase ou paragraphe]
B ) Ecrire un texte avec l'anaphore suivante :
" J'adore " [répétition en tête de phrase ou paragraphe]
C ) Les courageux peuvent tenter les deux dans un même texte.
Pour cet atelier
j'ai choisi de relever le défi complet :
Mêler l'anaphore et l'épiphore dans un même texte.
https://www.les-mots-de-montpellier.com/atelier-8-2026-sujet-4-1
Certains textes ne viennent qu’à pas feutrés
Tel un oiseau qui hésite avant de se poser.
J'adore
Ces instants suspendus où le jour hésite à naître
Comme s’il craignait de déranger le silence encore tiède de la nuit.
Dans cette hésitation il y a une douceur rare
Une promesse fragile
Un souffle qui dit :
《 Attends encore un peu !
Tout n’est pas joué 》.
J’écoute la maison respirer
Les murs retenir leur froid
Les ombres glisser lentement vers leur disparition
Et dans cette lenteur
Je me sens presque en paix
Cependant il suffit d’un battement de cœur de travers
D’une pensée qui s’égare
Pour que les regrets se réveillent
Et me rappellent ce que j’ai laissé filer
Je déteste.
J'adore
La mémoire lorsqu'elle se fait caresse.
Lorsqu'elle revient avec des images qui ne blessent plus :
Un rire d’enfant
Une robe qui tourne dans un jardin
Une odeur de confiture chaude
Un après-midi d’Été où rien n’avait d’importance.
J’adore ces souvenirs qui ne demandent rien
Qui se contentent d’être là
Posés tels des pétales sur la table du présent.
Cependant il y a aussi les autres
Ceux qui surgissent avec leurs angles tranchants
Leurs vérités que je n’ai pas envie de revoir
Leurs blessures qui n’ont jamais vraiment cicatrisé.
Ceux-là
Lorsqu'ils reviennent
Je déteste.
J'adore
Regarder les saisons avancer
Chacune avec sa manière de dire le monde.
Le Printemps qui murmure
L' Été qui déborde
L’ Automne qui s’effiloche
L’ Hiver qui s’entête.
Elles m’apprennent la patience
La lenteur
L’acceptation.
Elles me rappellent que rien ne dure
Ni la lumière ni l’ombre
Ni la joie ni la peine
Mais chaque année l’Hiver s’attarde un peu trop
S’installe dans mes os
Dans mes pensées
Dans mes nuits.
Il me prive de couleurs lorsque j’en ai le plus besoin
Je déteste.
J'adore
Les mots lorsqu'ils viennent d'eux-mêmes
Sans que je les appelle.
Ils arrivent
Tels des oiseaux migrateurs
Porteurs d’un message que je ne comprends pas toujours
Mais que je sens nécessaire.
Ils me guident
Me bousculent
Me révèlent.
J’adore ce moment où une phrase s’ouvre
Telle une clairière où tout devient soudain évident.
Cependant il y a aussi ces jours où les mots se taisent
Où la page reste blanche
Où l’inspiration se cache derrière un rideau trop lourd.
Ces jours-là
Je me sens inutile
Vide
Immobile
Je déteste.
J'adore
Écrire
Chercher
Creuser
Laisser les phrases me transformer.
L'écriture est une traversée
Un passage secret
Une manière de respirer autrement.
Elle me relie à ce que je croyais perdu
Elle me donne un territoire où je peux exister sans me justifier.
J’adore cette sensation d'être traversée par quelque chose de plus grand que moi
Quelque chose qui me dépasse et me porte.
Cependant il y a aussi ces heures où tout sonne faux
Où chaque mot tombe comme une pierre
Où le texte refuse obstinément de naître.
Ces heures-là
Je déteste.
J'adore
Marcher
Même en pensée
Même depuis un lit.
J’adore imaginer les chemins
Les sous-bois
Les routes de campagne
Les sentiers qui s’effacent sous les feuilles.
J’adore la sensation du vent sur le visage
Même si ce n’est qu’un souvenir.
J’adore la liberté que donne le simple fait d’avancer.
Cependant je déteste la fatigue qui m’arrête
La douleur qui s’invite
Les limites qui se rappellent à moi telles des frontières infranchissables
Je déteste.
J'adore
Les êtres qui passent dans ma vie
Tels des éclats de lumière.
Ceux qui ne demandent rien
Qui comprennent sans que l’on explique
Qui savent écouter les silences.
J’adore les gestes simples
Les présences discrètes
Les amitiés qui ne s’effritent pas.
Cependant je déteste les absences qui s’élargissent
Les départs qui ne préviennent pas
Les voix qui se taisent trop tôt
Je déteste.
J'adore
Les maisons
Les objets
Les traces laissées par les vies qui nous ont précédés.
J’adore imaginer les histoires qui se sont déroulées derrière une fenêtre
Sous une poutre
Dans un jardin.
J’adore cette manière qu’ont les lieux de garder la mémoire des gestes
Des rires
Des chagrins.
Cependant je déteste les portes qui se ferment
Les maisons qui se vident
Les souvenirs qui s’effacent comme si rien n’avait compté
Je déteste.
J'adore
Malgré tout
Cette obstination de la vie à vouloir se dire
Même dans les jours gris
Même dans les silences
Même dans les blessures anciennes.
J’adore cette force discrète qui me pousse à continuer
À écrire encore
À chercher la lumière dans les interstices.
Cependant je déteste la fragilité qui accompagne cette quête
La peur de ne pas être à la hauteur
La sensation d’avancer sur un fil trop fin
Je déteste.
J'adore
Enfin ce moment où
Après tant de doutes
Un texte se pose
Complet
Vivant
Tel un oiseau qui accepte enfin de se laisser approcher.
Il porte en lui mes ombres et mes clartés
Mes tremblements et mes élans
Et même si je sais que demain tout sera à recommencer
J’adore cette victoire minuscule
Presque secrète
Qui me rappelle que créer c'est encore croire
Même lorsqu'une part de moi murmure le contraire
Je déteste.
L’écriture n’apprivoise rien :
Elle apprend seulement à tendre la main.



Bonjour Livia, détester, adorer font partie de nos vies, c'est très bien exprimé, bravo ! Amitiés jill
RépondreSupprimerje vois que tu adore bien des choses, adorer c'est aimer et aimer c'est être positif.
RépondreSupprimerFA
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerTout comme tout, j'adore et je déteste.
Bises et bon mercredi. Zaza
Des mots pour panser nos mots...
RépondreSupprimerJ'ai apprécié les tiens pour nous exprimer ce que tu adores et ce que tu détestes
Joli ce petit oiseau rouge-gorge qui se laisse approcher
Bon mercredi chère Marie Sylvie
Bien amicalement
Béa kimcat
Oups ! Pour panser nos maux, c'est mieux !!!
RépondreSupprimerBéa kimcat
Tout dans la vie est adorable parfois et puis, brusquement vient la détestation quand les jours ne s'accordent plus et les gens négligents, C'est la vie, tout simplement !
RépondreSupprimerJ'adore ton poème si plein de vie et d'amour envers et contre tout.
Bonne journée
Amitiés
Coucou, quelle merveille ton texte que je découvre avec joie, une fois de plus ! Je fais mien(s) chacun de tes mots que j'aime lire et relire ; c'est fort, profond, lumineux et tellement vrai ! tu manies magnifiquement et parfaitement bien l'épiphore et l'anaphore ! j'aime infiniment. Merci à toi. Bisous du cœur.
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