LE SILENCE ENTRE DEUX AILES

 





Dans la forêt des Aurores 
L’aube glissait entre les arbres comme une soie vivante.  
Les fougères s’ouvraient avec lenteur 
Et chaque goutte de rosée portait un éclat d’éternité.

C’est là que vivaient une Tortue au pas de prière et un Colibri au cœur de flamme.









La Tortue avançait comme on traverse un sanctuaire
Un pas
Un souffle
Un silence.  
Elle savait écouter la patience des pierres et la mémoire des mousses.






Le Colibri lui il était un éclat de vitesse.  
Il butinait le monde comme s’il craignait que la beauté lui échappe.  
Ses ailes faisaient vibrer l’air d’une impatience lumineuse.


Un matin 
Le Colibri descendit essoufflé.

《 Je n’ai plus le temps 》 Dit-il.  
《 Les fleurs se fanent avant que je n’aie pu les saluer.  
Le soleil court plus vite que moi.》

La Tortue leva vers lui un regard profond où l’on pouvait presque entendre le murmure des siècles.

《 Le temps ne se rattrape pas petit frère.  
Il se reçoit.  
Et il se choisit.》

Ils marchèrent ensemble jusqu’à la vallée ouverte.  
Là les herbes ondulaient comme une mer verte et les montagnes bleues au loin gardaient le ciel comme des sentinelles immobiles.

Le Colibri étonné découvrit qu’il n’avait jamais vraiment regardé le monde.

《 Comment choisir le temps alors qu’il file comme un ruisseau pressé ?  》
Demanda-t-il.

La Tortue sourit et son sourire avait la douceur d'une source qui pardonne.

《En marchant avec sagesse.  
En posant ton cœur avant tes ailes.  
En discernant ce qui nourrit vraiment ton âme.  
Le reste n’est que poussière de vent.》

Alors le Colibri essaya.  
Il ralentit.  
Il goûta une seule fleur 
Mais il la goûta jusqu’au secret.  
Il écouta le silence entre deux battements de ses ailes.  
Et dans ce silence il trouva une paix neuve comme un matin intérieur.

Le soir venu sous un ciel de cuivre et de rose
il murmura :

《 J’ai moins fait…  
mais j’ai mieux vécu.》

La Tortue hocha la tête comme si elle savait cela depuis la première aurore.

《 Voilà ce que signifie racheter le temps.  
Non pas courir plus vite mais marcher plus vrai.》




Lorsque le cœur apprend à veiller.  
Les ailes ne servent à rien 
Si l’âme ne sait pas où aller.












Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie.... CQFD avec cette fable ! Prenons le temps de vivre, dans cette société qui ne fait que courir, merci, amitiés, jill

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  2. UNE TENDRE ET JOLIE FABLE QUI POSITIONNE LE LEXCTEUR DANS LE TEMPS DONT IL DOIT FAIRE USAGE

    FA

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  3. Quelle jolie petite histoire entre cette tortue et ce colibri dans la forêt des Aurores... C'est plein de tendresse.
    Bon vendredi chère Marie Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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  4. Une très belle fable Marie Sylvie
    J'ai aimé cette histoire.
    Bises et bon vendredi. Zaza

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  5. Marie Sylvie, tu nous offre une jolie et douce histoire sur la façon d'appréhender le temps et d'apprendre à ralentir. Merci à toi Marie-Sylvie. Amicalement, Anne-Ma.

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  6. Jolie fable!
    La tortue possédait la sagesse et le colibri cet électron libre, aussi léger que l'air dansait au bord de fleurs, tout là-haut...
    Bonne journée
    Amitiés

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