LA MAIN QUI ATTEND
LE DÉFI DU SAMEDI
https://samedidefi.blogspot.com/2026/07/defi-932.html?m=1
DÉFI # 932
Le défi du Samedi nous offre parfois des images qui intriguent
qui déroutent
qui semblent porter en elles un secret que personne n’a encore percé.
Cette semaine
Walrus a proposé une photographie dont l’origine
le sens
et même l’intention restent un grand mystère :
dressée au milieu de la végétation
comme un geste figé qui attend quelque chose… ou quelqu’un.
Face à cette énigme minérale
j’ai laissé mes mots se frayer un chemin.
De ce silence de pierre est née une histoire
un récit qui tente d’approcher ce que cette main pourrait dire si elle pouvait parler.
Je vous présente donc ma participation au défi : La Main qui Attend.
Un récit où la sculpture devient personnage
refuge
témoin
et peut‑être même mémoire.
LA MAIN QUI ATTEND
La main surgissait du sol comme un vestige d’un temps oublié.
On l’avait peut-être sculptée
Autrefois
Mais personne ne savait vraiment par qui
Ni pourquoi.
Les habitants du coin l’appelaient simplement La Main
Comme si elle n’avait jamais eu besoin d’un autre nom.
Elle se dressait au milieu du fouillis végétal
Les doigts levés comme cinq sentinelles
La paume ouverte en un geste d’accueil.
Le matin
La lumière glissait sur elle comme une caresse
Révélant les aspérités de la pierre
Les veines imaginaires
Les rides sculptées qui lui donnaient presque un visage.
Le soir
Elle devenait plus sombre
Plus mystérieuse
Comme si elle se repliait dans son propre silence.
Un jour
Un homme s’arrêta devant elle.
Il venait de loin
Cela se voyait à la poussière sur ses chaussures
À la fatigue dans ses épaules.
Il resta un moment immobile
Observant la main comme on observe un animal sauvage :
Avec prudence
Avec respect.
Puis il s’assit.
La pierre était froide
Mais la sensation fut étrange
Presque douce.
Il eut l’impression que la main se refermait légèrement
Non pour le retenir
Mais pour le soutenir.
Comme si elle avait attendu ce moment depuis longtemps.
Il ferma les yeux.
Le vent jouait dans les feuilles autour de lui
Et la main semblait respirer avec le paysage.
Il se demanda qui avait eu l’idée de créer un siège pareil :
Une main géante
Offerte au monde.
Était-ce un artiste ?
Un rêveur ?
Un fou ?
Ou bien la nature elle-même
Lassée de voir les humains marcher sans jamais se poser
Avait-elle décidé de leur tendre la paume ?
Quand il se releva
Il sentit qu’il avait laissé quelque chose derrière lui.
Un poids
Une inquiétude
Un fragment de fatigue.
La main
Elle
Ne semblait pas avoir changé.
Elle restait là
Immobile
Patiente
Prête à accueillir le prochain voyageur.
Certains disent qu’elle garde les secrets de ceux qui s’y sont assis.
D’autres qu’elle porte les rêves qu’on y dépose.
Mais tous s’accordent sur une chose :
La Main n’est pas seulement une sculpture.
C’est un refuge.
Un témoin.
Un geste figé qui continue
Malgré la pierre
À tenir le monde un peu plus doucement.


Bonjour Marie-Sylvie, une main bienfaitrice, qui remplace un simple banc, elle n'est pas regardante, elle appelle tout le monde à venir se réfugier un instant.... Merci, amitiés, à jeudi pour ma part, break, jill ;-)
RépondreSupprimervoilà une belle approche du sujet une main refuge patient et immobile,
RépondreSupprimerFA
Tes mots accompagnent joliment cette main, fauteuil gigantesque où il fait bon se reposer dans la campagne.
RépondreSupprimerBonne journée
Amitiés
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerLa main de la sœur (masseur) ??? Non je plaisante 🤣
J'ai aimé lire ton défi et ce magnifique ressenti. Il faut dire que cette sculpture est tes belle.
Bises et bon samedi. Zaza
Bonsoir Marie-Sylvie. Joli poème autour de cette main utilisable comme fauteuil
RépondreSupprimerC'est une belle scuplture et tu nous offres une belle histoire de cette main accueillante. Bravo Marie Sylvie.
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