DANS LES VEINES DU MONDE
Je marche.
Pas seulement sur la terre ...
Je marche dans les veines du monde.
Chaque pas ouvre une porte
Chaque souffle réveille un souvenir plus ancien que ma propre mémoire.
Je ne suis pas née pour être lisse.
Je suis née pour être traversée.
Par le vent
Par la lumière
Par les ombres
Par les bêtes
Par les voix qui murmurent sous la peau du silence.
On voudrait que je sois douce
Polie
Docile
Mais je suis faite de forces qui ne se laissent pas dompter.
Je suis forte et sensible
Combattive et lumineuse
Honnête
Résiliente
Libre et terriblement imparfaite.
Et c’est dans cette imperfection que réside mon pouvoir.
Lorsque je ferme les yeux
Je sens les esprits approcher.
Ils ne parlent pas avec des mots
Ils parlent avec des frissons
Des odeurs de terre humide
Des éclats de feu
Des battements d’ailes.
Ils me disent :
《Souviens-toi.
Tu es faite de ce que tu traverses.
Tu es faite de ce que tu guéris. 》
Alors je tends les mains.
Je touche l'écorce d'un arbre comme on touche un visage aimé.
Je sens la sève vibrer
Lente et sûre
Comme un cœur qui n’a jamais cessé de croire.
Elle me raconte les tempêtes
Les renaissances.
Elle me dit que la force n'est jamais pure
Qu’elle porte toujours des cicatrices
Et je comprends que mes propres cicatrices sont des portes
Pas des failles.
Je marche encore.
Le sol respire sous mes pieds nus.
La terre me reconnaît.
Elle m’appelle par mon nom secret
Celui que personne n’entend sauf les pierres et les animaux.
Je réponds par un souffle rauque
Un chant venu d’avant les mots
Un chant qui ouvre les chemins invisibles.
Le vent tourne autour de moi comme un allié ancien.
Il glisse contre ma peau
Fouille mes cheveux
Cherche mes pensées.
Il me murmure des vérités que je n’ose pas toujours regarder en face.
Je les accueille.
Je suis une femme qui écoute.
Une femme qui sait que la lumière n’est jamais loin de l’ombre
Que la guérison naît souvent du chaos.
Je m’arrête près d’un feu.
Je l’allume sans allumettes
Juste avec mes mains
Ma respiration
Ma volonté.
Le feu me parle.
Il me dit que brûler n'est pas détruite
C’est transformer.
Alors je lui confie mes peurs
Mes doutes
Mes illusions.
Il les dévore avec gratitude
Et dans la fumée qui s’élève
Je vois des fragments de moi-même se recomposer autrement.
Je suis une femme de passage.
Une femme de seuil.
Une femme qui porte en elle les mondes visibles
Et ceux qui ne se montrent qu’à ceux qui osent regarder autrement.
Je ne cherche pas à être parfaite.
Je cherche à être vraie.
À être vivante.
À être reliée.
Et lorsque je lève les bras vers le ciel
Les nuages s’écartent un instant.
Juste assez pour laisser passer une étincelle.
Juste assez pour me rappeler que je suis faite de terre
Et de tout ce qui respire entre les mondes.
Je marche encore.
Et chaque pas est un acte de naissance.


C'est très joliment dit Marie-Sylvie, bonne poursuite de cette vie faite de tout... les joies et les peines, et tant d'autres choses.... amitiés jill
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RépondreSupprimerles veines du monde ne sont pas toujours de fleuves tranquilles, l'essentiel c'est d'avancer , de marcher.
FA
C'est un poème magnifiquement écrit qui nous conte la vie out simplement, espérons que nous trouverons le courage de continuer de marcher pour poursuivre notre route!
RépondreSupprimerBelle journée
Amitiés
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerC'est trè joli ce que tu nous as écrit ce matin... Merci pour ce magnifique partage.
Bises et bon vendredi - Zaza