LES COULISSES DU QUATRIÈME ÉTAGE



https://defisetmoidanmaimistic.blogspot.com/2026/06/liste-113-et-image-62.html?m=1





LA LISTE  # 113


Pour ce défi proposé par Anne‑Marie
il nous était demandé d’écrire un texte à partir de la liste 113
composée des dix mots suivants : 

Coulisses - Enchanter - Intensité - Apparences - Visiblement - Subtilité - Maintenir - Décalé - Ambiguité - Enthousiasme 


J’ai choisi d’y répondre non pas par une fiction
mais en m’appuyant sur une scène réelle de mon quotidien.

Depuis mon appartement HLM au quatrième étage
 je vis une situation sonore persistante liée au chien d’un voisinage proche. 
Cette présence constante interroge autant mon propre confort que celui des élèves de l’école Paul Éluard
juste en face
 qui doivent composer avec ce bruit pour suivre leurs cours.  

C’est à partir de ce vécu
très concret
que j’ai construit ma participation au défi.













Dans les coulisses de mon appartement HLM 
Au quatrième étage
Je pourrais presque croire à la paix.  
Les apparences
Visiblement
Laissent penser que je flotte dans une bulle de sérénité
Perchée au-dessus du tumulte de la ville.  
Mais la réalité a une autre intensité : 
Celle d’un chien du voisinage
Infatigable
Qui aboie comme si le monde entier devait l’entendre.

Je ferme la fenêtre 
Ma frilosité a parfois le don d’enchanter les situations
Ou du moins de les rendre supportables.  
La vitre devient un rempart fragile
Un filtre qui tente de maintenir un semblant de calme.  
Pourtant
Même atténué
Le bruit traverse tout
Et je me demande comment les élèves de l’école Paul Éluard
Juste en face
Parviennent à écouter
Comprendre
Apprendre.  
Eux n’ont pas la chance d’une isolation
Même imparfaite.

Il y a là une ambiguïté qui me laisse songeuse :
Comment une seule personne peut-elle imposer une telle nuisance en plein cœur de Le Mans
Comme si les règles ne la concernaient pas.  
Sa petite maison
Son petit pavillon
Son petit pouvoir 
Tout cela compose un tableau décalé
Presque irréel.  
On dirait qu’elle a le bras long
Très long
Assez pour que personne n’ose rien dire.

Et lorsque le soleil revient
C’est un autre spectacle : 
Elle invite ses copines
Rit
Bavarde
S’expose à moité nue comme si la cour intérieure était sa scène personnelle.  
J’imagine la pluie d’appels qu’elle doit recevoir
Les plaintes
Les soupirs… mais rien ne change.  
Avec une subtilité qui n’appartient qu’à elle
Elle transforme la gêne collective en décor de sa propre vie.

Malgré tout
Je garde un certain enthousiasme 
Celui de croire que même dans ce vacarme 
Même dans cette absurdité
Je peux encore trouver un coin de silence intérieur.  
Un espace à moi.  
Un souffle.  
Une manière de tenir debout
Même allongée.









L'IMAGE  # 62



Pour l’image n°62 proposée dans l’atelier d’Anne‑Marie
 j’ai choisi d’écrire un récit porté par un ressenti engagé.  
Cette scène urbaine saturée d’écrans m’a inspiré une réflexion personnelle sur la place du numérique
sur ce qu’il efface
et sur tout ce que la technologie ne pourra jamais remplacer dans nos vies humaines.







SOUS LA LUMIÈRE DES ÉCRANS

Ce que la technologie ne remplacera jamais 





Lorsque je regarde cette image
Je sens monter en moi quelque chose de plus fort qu’un simple malaise.  
Je vois un monde qui s’est laissé happer par la lumière froide des écrans
Un monde qui avance les yeux baissés
Comme s’il avait renoncé à se regarder lui‑même.  
Et je ne peux pas m’empêcher de penser à tout ce que cette transformation a englouti.

Je pense aux emplois qui ont disparu
Aux secrétariats vidés
Aux accueils remplacés par des interfaces qui ne connaissent ni la patience ni la compassion.  
Je pense à ces métiers modestes mais essentiels 
Balayés par une logique d’efficacité qui oublie l’être humain.  
Je pense aussi à la pénurie de médecins que l’on tente de masquer derrière des plateformes
Des formulaires
Des algorithmes qui trient les vies comme on trie des données.

Je vois dans cette image une société qui se félicite de sa modernité
Alors qu’elle s’éloigne de ce qui la rendait vivante.  
On peut tout numériser
Tout automatiser
Tout optimiser…  
Mais on ne remplacera jamais un regard qui rassure
Une voix qui écoute
Une main qui aide.

Et puis il y a cette vérité simple
Presque brutale :  
Aucune technologie ne donnera jamais son sang.  
Aucune machine ne fera ce geste-là
Ce geste gratuit
Ce geste humain par excellence.  
On peut confier nos démarches
Nos rendez‑vous
Nos conversations à des écrans
Mais pas notre humanité.

Alors en observant cette foule absorbée
Je ressens une forme de résistance intérieure.  
Je refuse de croire que nous sommes condamnés à marcher ainsi
Chacun enfermé dans son rectangle lumineux.  
Je veux encore croire aux rencontres
Aux échanges
Aux présences réelles.  
Je veux croire que la lumière humaine peut encore rivaliser avec la lumière numérique.

MARIE SYLVIE








Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, nous avons connu, hélas aussi, tel voisinage, le don de vous irriter par leur sans gêne, et rien n'y fait, nous avons déménagé un jour ! Quant à l'hyper connexion de nos jours.... en faire un juste emploi, restons humains !!!! merci, amitiés jill

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  2. Bizarre, nous aussi nous habitons un quatrième étage, sauf qu'ici, c'est nous qui avons un chien (qui est une chienne), nous n'avons à nous en prendre qu'à nous mêmes...
    https://quelleviedechien.canalblog.com/

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  3. Ton premier poème relate ce que nous vivons - tous - souvent au quotidien, cela ne concerne pas que certains de nos amis les bêtes... la liste est si longue que je ne la nommerai pas, ce serait un roman relatant de nombreux faits, tels les horaires de travaux non respectés, les musiques à fond et/ou autres abus de ceux, celles... qui se croient seuls au monde, les incivilités croissantes...

    Ton 2e poème- comme le premier - nous [me] parle :
    Le numérique empiète dangereusement sur tout !
    Je n'ajouterai pas de mots aux tiens ; comme pour beaucoup d'autres sujets du quotidien, cela ne remplacera pas un regard, un appel, une lettre, une conversation, une main tendue, enlacée, une visite... un bon livre, une rencontre... un poème, des fleurs offerts, et nombre de ces bienveillantes attentions tous... ne pouvant être remplacés...

    An-Maï va être ravie de tes participations, BRAVO !

    Bonne journée, bisous du cœur à toi et les aminautes ❤️ Emma.

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  4. Il y avait aussi, une personne qui habitait mon immeuble au 7e avec deux chiens et quand elle partait les chiens enfermés là-haut hurlaient à la mort, pas moyen d'écouter de la musique de réfléchir, ou de lire.
    Une pétition a été signée par tous les habitants et le Syndic a agit, la personne finalement est parti au grand soulagement de tous!
    Bonne journée malgré les abois de ce pauvre chien qui doit être enfermé.
    Amitiés
    Mais le syndic

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  5. Coucou Marie Sylvie.
    Deux défis que tu as su relever avec brio pour Anne-Marie. Bravo
    Il faut s'armer de patience avec un tel voisinage, sans péter les ploms.
    Bises et bon mercredi - Zaza

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  6. Ah le chien qui aboie chez le voisin... Source de conflit...
    Danger du numérique...
    Ne pas oublier la lumière humaine...
    Belles participations à ces défis
    Bon mercredi chère Marie Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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  7. Ton premier texte me parle à plus d'un titre. Si ce ne sont pas les aboiements permanents d'un chien qui me dérangent, c'est du Johnny à fond la sono que j'entends malgré moi. Ou ce charmant voisin dont le plus grand plaisir est d'utiliser son karcher pendant des heures, le dimanche matin de préférence, ou mieux encore en plein midi quand nous sommes à table. Ou encore les conversations "braillées" de porte à porte entre deux voisines qui pourraient au moins discuter chez l'une ou chez l'autre plutôt que de faire profiter tout le quartier de leurs blablas. Mais le monde leur appartient à ces gens-là ! C'est ce qu'ils doivent croire en tout cas !
    Quant aux dangers du numérique, tout le monde sait qu'ils existent mais pour autant, tout le monde y plonge sans même y penser. Merci pour ces deux participations, chacune à méditer je pense !
    Bonne journée. Bisous
    Anne-Marie

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