LÀ OÙ LE VENT DÉLIE
Il y a des mots qui ne se montrent qu’à voix basse.
Ils avancent doucement
comme si le silence devait les protéger.
Ce texte est né ainsi
dans un souffle discret
dans un moment où quelque chose en moi cherchait à se dénouer.
Je n’ai pas voulu forcer les images.
Elles sont venues d’elles‑mêmes
légères
presque timides
comme si elles savaient déjà le chemin.
J’ai simplement suivi leur mouvement
laissé le vent ouvrir ce qui devait l’être.
Je vous invite à entrer dans ce poème
comme on entrouvre un rideau au petit matin
avec douceur
avec lenteur
pour laisser passer juste assez de lumière.
Il y a des matins où le monde semble tenir dans un voile de brume
Où tout recommence dans un murmure.
Alors je laisse mes pensées dériver
Tels des oiseaux qui cherchent un courant d’air plus doux.
Dans cette dérive quelque chose m’appelle
Un écho ancien qui me frôle
Un fil ténu qui suis encore mes pas
Telle une ombre fidèle et pourtant trop lourde.
Je marche dans la lumière pâle
Et chaque reflet semble une histoire coupée en deux
Un souvenir qui hésite à se dire.
Dans cette clarté fragile
Je sens les cheveux du passé glisser sur mes épaules
Telles des herbes hautes que l’on traverse en silence.
Une silhouette avance à la garçonne dans ma mémoire
Une silhouette qui n’a plus peur de se tenir droite
Qui avance parce que le monde ne lui laisse plus le choix
Parce que le souffle manque lorsque l'on se tait trop longtemps.
Alors je comprends que j'en ai assez
De ces gestes qui m’avais retenue
De ces jours où j’étais marre de plier
De céder
De me taire.
Il y a un instant suspendu
Un instant où l’on sait qu'il faut rompre
Que ce fil-là me retient encore
Que ce passé tire doucement vers l’arrière
Telle une main posée dessus sans douceur
Tel un souffle par erreur
Telle une ombre de méchanceté qui s’obstine.
Alors je respire plus fort.
Je laisse le vent traverser mes pensées.
Je laisse la lumière s’installer dans les interstices.
Je marche vers un espace plus vaste
Où les frontières se dissolvent
Où les gestes anciens perdent leur poids.
Et dans cette avancée
Quelque chose se défait
Quelque chose se libère
Tel un ruban que l’on laisse s’envoler.
Je deviens plus légère
Plus vaste
Plus vraie.
Et le monde
Soudain
Semble respirer avec moi.



Bonjour Marie-Sylvie, très beau texte, tu sais toujours comment écrire tes ressentis, tes sentiments, merci, amitiés jill
RépondreSupprimervoilà une belle respiration emplie d'une douce légèreté qui sait élever l'âme.
RépondreSupprimerFA
J'ai adoré suivre avec toi pas à pas, ce vent léger qui dénoue et libère en douceur les âmes.
RépondreSupprimerBonne journée
Amitiés
Coucou Marie Sylvie
RépondreSupprimerOn sent à la lecture de ce texte, que ton côté rebelle s'est affirmé avec le temps. 😏
Bises et bon jeudi. Zaza
c'est si bon de se laisser aller pour délirer avec les mots
RépondreSupprimeramitiés
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