GRAMMAIRE DU MERCI
Il y a dans les mots qui remercient
Une poussière d’autrefois
Un art de tendre la phrase
Comme on tend une main.
On y entend encore
Le froissement des lettres scellées
Les salutations qui s’inclinent
Les voix qui cherchent la juste mesure entre l’offrande et la pudeur.
Remercier n’est jamais simple :
C’est dire 《 je te dois 》sans s’agenouiller
C’est dire 《 tu m’as touché 》sans se dénuder tout à fait.
Alors j’apprends moi aussi à tresser mes mercis
Avec un fil plus ancien que moi :
Un fil de lumière discrète
De reconnaissance qui ne réclame rien
De gratitude qui ne s’explique pas.
Et peut-être qu’au bout du geste
Dans ce presque rien offert
Quelque chose s’ouvre :
Un espace où l’on se rencontre
Où la parole devient présence
Où le merci devient souffle
Et continue de vivre longtemps après avoir été dit.
Pour sa façon de soulever doucement le monde
Comme si rien n’était perdu.
Merci au soleil discret
Celui qui ne brûle pas
Mais réchauffe juste assez pour que l’âme respire.
Merci aux fenêtres ouvertes
Qui laissent entrer un peu d’air neuf
Un peu d’espoir
Un peu de ciel.
Merci aux couleurs
Celles qui persistent
Même dans les jours gris
Comme si elles savaient mieux que nous.
Merci aux pas légers
Qui traversent la vie sans bruit
Mais laissent derrière eux une trace de douceur.
Merci aux éclats de rire
Même minuscules
Même rares
Ils savent encore ouvrir les rideaux.
Merci aux gestes simples
Une main posée
Un regard offert
Un mot qui tient chaud.
Merci à la clarté intérieure
Cette petite lampe qui ne s’éteint jamais vraiment
Même lorsque tout vacille.
Merci aux jours qui recommencent
Ils ne promettent rien
Mais ils offrent toujours une chance de lumière.
Merci à ce qui brille en secret
Les petites joies
Les petites flammes
Les petites renaissances.
MARIE SYLVIE



Bonjour Marie-Sylvie, tant de choses méritent un merci, gestes et gens, merci à toi aussi.... ;-) amitiés, jill
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