CAFÉ THÉ # 193

 



CAFÉ THÉ # 193


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THÈME : 
BROSSER UN SOUVENIR DE FÊTE DE MÈRE



Brigitte nous invite à évoquer nos mères
 ou un souvenir partagé avec elles
 ou encore un moment vécu avec l’un de nos enfants. 

Une proposition tendre en apparence
 mais qui ouvre aussi la porte à ces souvenirs qui ne ressemblent pas toujours aux images sages de la fête des mères.

J’ai choisi de revenir à un épisode d’enfance qui m’a marquée : 
Un colis arrivé un matin
que j’imaginais rempli de douceur
 et qui contenait tout autre chose. 
Un souvenir abrupt
déroutant
mais révélateur d’un monde où la protection des enfants reposait davantage sur des objets que sur un véritable soutien.

C’est ce décalage 
entre l’attente d’un cadeau et la découverte d’un révolver 
 que je partage aujourd’hui.  
Un fragment de vie qui dit
à sa manière
 ce que signifiait être une mère
une grand‑mère
un enfant
 dans un univers où chacun devait se défendre comme il pouvait.

Voici donc ma participation 










LE COLIS DE FÊTE DES MÈRES INATTENDU



Il y a des souvenirs qui ne devraient jamais appartenir à un enfant. 
Le mien commence par un colis posé sur la table un matin banal. 
J’attendais un cadeau. 
J’attendais un peu de douceur. 
J’ai vu un révolver.

Pour ma mère c’était logique. 
Puisque mon père avait un fusil pour se défendre des rats
Il était  " normal " qu’elle ait une arme pour les sangliers. 
Dans notre monde on ne protégeait pas les enfants : 
On armait les adultes et on espérait que ça suffirait. 
C’était ça la politique de protection : 
Chacun pour soi
Et les plus petits n’avaient qu’à se débrouiller.

Chez ma grand-mère Marcelle j’ai demandé comment elle se défendait. 
Elle m’a répondu qu’elle avait Rita sa chienne Berger Allemand
Encore une fois la même logique : 
Pas de système
Pas de soutien
Pas de sécurité. 
Juste des armes
Des chiens
Et la débrouille.

Plus tard au collège des gendarmes sont venus nous parler de sécurité routière
Avant de partir ils nous ont distribué un sifflet en métal
Un sifflet. 
Notre  " arme ". 
Un bout de fer-blanc pour affronter un monde où les adultes eux portaient des armes véritables.

Aujourd’hui je regrette de ne pas leur avoir posé la seule question qui comptait : 
Si mon père avait besoin d’un fusil
Ma mère d’un révolver
Ma grand-mère d’un chien de défense… alors à quoi servaient-ils eux les gendarmes armés ?

Ils savaient le danger. 
Ils savaient ce qui rôdait. 
Et pourtant on nous donnait un sifflet. 
Un gadget. 
Un symbole de l’incompétence d’un système qui prétend protéger les enfants mais ne leur offre que du vent.


Ce n’est pas un souvenir joyeux. 
Ce jour-là j’ai compris que l’enfance n’était pas un refuge. 
Je croyais recevoir un bijou. 
J’ai découvert un monde où l’on remplaçait la protection par des armes
La responsabilité par des objets
Et la sécurité par des illusions. 
Un monde où l’on offrait un révolver à une mère au lieu de remplir l’assiette de son enfant.









Commentaires

  1. Bonsoir Marie-Sylvie, inattendu et le mot est faible, ça surprend !!! Je n'ai pas connu la présence d'armes chez moi, et côté prudence on nous disait, enfant, ne pas parler aux étrangers, bref, un jour spécial qui a marqué... et on peut le comprendre, merci, amitiés jill

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  2. Un colis de fête des mères surprenant et inattendu... ça marque !
    Bon mardi chère Marie Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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