OSEZ JOSÉPHINE !

 


CONSIGNE AEV 2526 - 28

https://aevillejean.canalblog.com/2026/05/consigne-d-ecriture-aev-2526-28-du-mardi-26-mai-2026.html








Il y a des défis d’écriture qui arrivent comme des invitations à regarder autrement ce qui nous traverse. 
Celui de 《 Osez Joséphine ! 》 inspiré des chroniques tendres et ironiques de 
Joséphine Lebard en fait partie. 
Il nous demande de partir du quotidien
 même cabossé
même un peu grinçant
pour en tirer une petite vérité humaine.  

J’ai choisi pour exergue cette phrase qui m’a immédiatement arrêtée :  
《 Le Christ a passé quarante jours dans le désert, lui peut bien passer quarante jours sans assistance. 》

Elle dit à la fois la patience
la résistance
et cette manière très Joséphine de sourire devant l’absurdité des situations les plus ordinaires.  

Comme elle j’ai donc pris appui sur une réalité douloureuse
 une de celles qui s’invitent sans prévenir 
et compliquent les gestes les plus simples. 

Mais à l’image de ses chroniques
j’y ai trouvé aussi un plaisir d’écriture
une façon de transformer l’inconfort en matière vivante
 en récit qui respire
 en clin d’œil à la fragilité humaine.  

C’est ainsi que j’ai osé
moi aussi 
cette petite aventure littéraire.




















《 Le Christ a passé quarante jours dans le désert,
 lui peut bien passer quarante jours sans assistance. 》



Depuis que mon dentiste a prononcé les mots "arthrose dentaire "
J’ai l’impression d’être entrée dans une catégorie secrète de l’humanité : 
Celle des gens qui souffrent en silence d’un endroit du corps dont personne ne soupçonne l’existence. 
Une articulation de la mâchoire vraiment ? 
On dirait une blague inventée pour excuser un excès de chocolat. 
Pourtant chaque matin ma joue proteste comme une vieille porte mal huilée. 
Et dans la maison on me répète que 《 Le Christ a passé quarante jours dans le désert, lui peut bien passer quarante jours sans assistance 》.

Facile à dire lorsque l'on n’a pas une molaire qui joue du tam-tam.


Je découvre alors une nouvelle forme de spiritualité : 
Celle qui consiste à mâcher du côté gauche uniquement
À renoncer aux pommes croquantes 
Et à bénir les soupes veloutées. 
Je deviens experte en stratégies d’évitement :
Sourire sans trop ouvrir la bouche
Rire en demi‑teinte
Articuler comme si je récitais un secret.
Pendant ce temps les autres continuent leur vie
Insouciants
Capables de croquer des sandwichs comme si la mandibule était un organe immortel. 
Je les observe avec la même fascination que les documentaires animaliers : 
Quelle grâce
Quelle puissance
Quelle inconscience.


Et puis un soir 
Alors que je m’apprête à renoncer à toute forme de mastication solide
Quelqu’un me propose un bouillon brûlant 
Servi avec une douceur qui vaut bien tous les antalgiques. 
Je me dis alors que la vraie épreuve n’est pas la douleur
Mais l’orgueil de vouloir tout supporter seule.
Le Christ avait peut‑être le désert
Moi j’ai ma mâchoire capricieuse ...
Mais j’ai aussi des mains autour de moi
Prêtes à m’aider avant le quarantième jour. 
Et c’est peut‑être ça finalement la bonne nouvelle.









Commentaires

  1. L'âge aidant, les maux s'installent un peu partout, on a recours alors à des prothèses, dentier et autre, ainsi vont nos "vieux jours", chacun son tour, les bienheureux encore.... ;-) amitiés jill

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  2. On dirait tellement "la vraie" Joséphine que je me suis marré comme une baleine en lisant cette chronique !

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  3. Il ne faudrait pas vieillir Marie Sylvie.
    Bises et bon samedi. Zaza

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