LE SECRET DES POMMIERS CRÈME DE CRÈME

 



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DÉFI #328

LE THÈME :

ÉCRIRE UN TEXTE SUR LES MERVEILLES DU PRINTEMPS EN N'UTILISANT PAS LES 10 MOTS SUIVANTS :










Pour ce défi
 j’ai choisi de corser un peu le jeu :  
J’ai imposé une liste de mots interdits
ces termes trop évidents qui surgissent dès que l’on veut évoquer la saison claire et son renouveau.  
Le Printemps 

L’enjeu pour chacun était donc d’écrire sans eux
en trouvant des chemins détournés
des images
des nuances
des équivalents poétiques.


De mon côté
j’ai relevé ma propre contrainte en jouant avec les synonymes
en laissant la langue suggérer plutôt que nommer
en remplaçant les évidences par des halos :  
Et l’impatience des fruits qui viendront plus tard.

une invitation à laisser la poésie respirer autrement
et à découvrir combien l’absence de certains mots  
peut ouvrir un espace d’invention inattendu.
















Il existe quelque part entre deux souffles du monde
Un domaine où les géants immobiles se couvrent d’un voile clair
Comme si une poussière d'ivoire s’était posée sur leurs cimes.  
On dit que ces silhouettes élancées gardent un secret ancien
Réservé à ceux qui avancent avec un cœur encore capable d’émerveillement.

J’y allais autrefois
Lorsque mes journées s’étiraient sans poids  
Et que mes dents croquaient la vie comme un trésor défendu.  
Je n’étais jamais seule :  
Un compagnon au souffle chaud
À la crinière indocile
M’emportait sur son dos puissant.  
Mustang.
Un nom qui vibrait comme un galop dans l’air libre.

Nous traversions un royaume encore en devenir
Où les branches fines promettaient des merveilles à venir.  
Rien n’était mûr encore
Mais tout annonçait la saison juteuse
Celle où les globes dorés se détacheraient enfin  
pour tomber dans nos mains impatientes.  
Je savais que le temps viendrait où je pourrais en cueillir un pour moi  
et un autre pour mon gourmand destrier
Qui tournait déjà la tête à l’idée de sa part future.

Mais ce domaine n’était pas seulement un verger en attente :  
C’était un passage.  
Un corridor de clarté nacrée
Où les ramures dressées formaient une voûte d’argent.  
Leur éclat n’était pas celui d’une saison nommée
Mais celui d’un renouveau silencieux
D’un éveil qui ne disait pas son nom.  
Les bourgeons
Petites perles encore closes 
Tremblaient sous la brise
Comme si un souffle invisible venait d’y poser un baiser.

À mesure que nous avancions
Une poussière claire tombait doucement
Se déposant sur mes épaules tel un voile de nacre.  
Dans l’air flottait une essence subtile
Une promesse plus qu’un parfum
Quelque chose d’indéfinissable qui portait en elle l’annonce des jours sucrés.

Mustang lui marchait avec une sagesse tranquille.  
Ses oreilles frémissaient
Comme s’il percevait des murmures que je ne pouvais entendre.  
Parfois il s’arrêtait
Levant la tête vers les hauteurs pâles
Comme s’il saluait les géants immobiles qui gardaient leur secret depuis des siècles.

Je me souviens d’un instant précis :  
La lumière s’est mise à vibrer
Comme si le ciel avait ouvert une brèche.  
Les silhouettes élancées semblaient respirer
Baignées d’un éclat opalin.  
Et j’ai compris sans qu’aucun mot ne soit prononcé
Que j’étais entrée dans un sanctuaire.  
Un lieu où la beauté ne se dit pas
Où elle se devine.  
Un lieu où la saison neuve se glisse dans chaque fibre du monde  
Sans jamais se laisser capturer.

Aujourd’hui encore
Lorsque je ferme les yeux
Je revois ce couloir de clarté
Ce voile d’argent suspendu
Et la silhouette de mon fidèle compagnon qui avançait avec la certitude de ceux qui connaissent les chemins secrets.

Le Secret des Pommiers Crème de Crème
Je le porte encore en moi :  
C’est un souffle
Une lueur
Un souvenir qui ne s’efface pas.  
Un monde où tout renaît  
Sans jamais se nommer.










Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, de toute beauté ton écrit défi imposé....on parlera plus souvent de chien, ici un cheval, comme meilleur ami.... Merci à toi, bon lundi Croqueurs, amitiés jill

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  2. Bonjour,
    bravo et merci pour ce thème
    Voilà ma participation:http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2026/06/01/mon-poeme-inedit-sur-ce-blog-chaque-matin-pour-le-defi-328-m-6596525.html
    Merci et bonne journée

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour Marie-Sylvie,
    Ce souffle, cette lueur, ce souvenir qui ne s'efface pas sont splendides, j'ai beaucoup aimé ton ode au printemps avec les couloirs de nacre baignés d'un éclat opalin...
    Merci pour ce printemps !
    Belle journée
    Amicalement

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  4. Qu'il est beau ton Mustang crinière au vent !
    Bravo défi réussi !
    Bon lundi chère Marie Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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  5. Bonjour Marie Sylvie
    Quelle merveilleuse peinture toute poétique de ce royaume aux teintes douces et parfumées, de ce compagnon si précieux, de toute la richesse en devenir de ce verger aux promesses sucrées !
    Vivement l'automne pour déguster ces trésors délicieux !
    Bien amicalement,
    Balaline

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  6. Coucou Marie Sylvie.
    Quelle belle chevauchée en compagnie de ton destrier Mustang.
    C'est beau...
    Bises et bon début de semaine. Zaza

    RépondreSupprimer
  7. Coucou Marie Sylvie.
    Quelle belle chevauchée en compagnie de ton destrier Mustang.
    C'est beau...
    Bises et bon début de semaine. Zaza

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  8. Une fois de plus, je suis profondément émue en te lisant.
    La gorge se noue, le cœur tressaille, l'âme s'emballe et se pose, calme, au même rythme que celle de la marche de Mustang. Ainsi, je partage chaque mot, chaque respiration, chaque virgule, en ton magnifique voyage ; je me sens libre, légère, voguant avec toi, dans ce lieu, à fleur de cette promesse, ces poussières d'or pur, cette clarté nacrée, ces éclats d'ombre, ces murmures, ce souffle sacré offert au fil de ma gourmandise à te lire, cet indéfinissable présent et je te remercie pour ce trésor, ici et maintenant. Bonne continuation à toi et chaque aminaute ayant participé à ta proposition du défi 328. Gratitude infinie. Emma.

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  9. voilà un magnifique texte aux couleurs bucoliques, une contrainte très appréciée ,j'ai eu l'occasion de t'en parler par mail
    FA

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