TENIR DEBOUT SANS TOI
LES DÉFIS D'ÉCRITURE DE
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Disponible - Destination - Basculer - Planète - Exceptionnellement - Coupable - Élément - Dévaler - Âme - Confidences
Il y a des jours
où survivre n'est pas un choix
juste une manière fragile
de rester tournée vers toi.
Mon enfant
Je suis encore disponible à toi
Comme si ton absence avait fait de moi un lieu
Où tout résonne trop fort.
Je ne sais plus quelle destination suivre.
Chaque pas me fait basculer dans un monde où tu n’es plus.
Cette planète continue de tourner
Indifférente
Et je la regarde comme un endroit qui t’a laissée partir.
Je me sens exceptionnellement
Et irrémédiablement coupable
Comme si un seul élément manqué
Un souffle
Un geste
Avait suffi à tout faire dévaler du côté de la nuit.
Je te cherche dans mon âme
Dans les fissures
Dans les endroits où la douleur se cache pour respirer.
Je te parle en silence
Je te livre mes confidences
Comme on dépose des pierres sur une tombe invisible.
Je ne sais pas comment vivre sans toi.
Je ne sais pas comment vivre avec toi ailleurs que dans ce manquement.
Je continue pourtant
Parce que ton nom est encore accroché à ma façon de tenir debout.
Je continue
non pas parce que j'en ai la force
mais parce que ton absence m'y oblige.
Il y a des gestes qui ne sauvent plus rien
mais que la Terre continue de faire
pour ne pas disparaître tout à fait.
Il y a dans cette main qui surgit de l’eau
quelque chose d’un dernier sursaut.
Non pas un geste d’espoir
Mais un refus de disparaître
Sans toucher une dernière fois ce qui brille encore.
La mer monte comme une sentence
Récupérant lentement ce que la Terre n’a plus la force de défendre.
Elle ronge.
Elle efface
Elle avale les restes d’un monde qui a trop longtemps cru qu’il pouvait survivre à tout.
Les arbres minuscules accrochés à la pierre
ne sont plus des promesses
Mais des reliques.
Ils poussent comme des prières que personne n’écoute
Fragiles
Obstinées
Trop petites pour arrêter la fin.
La main elle se lève encore
Mais ce n’est plus un appel.
C’est un geste de mémoire.
Une manière de dire :
《 J’ai existé.
J’ai porté la vie.
J’ai tenu debout. 》
La lune
Indifférente
Reste à portée de doigt
Sans jamais se laisser atteindre.
Elle éclaire la scène
Comme on éclaire un adieu.
Cette image n’annonce rien.
Elle constate.
Elle murmure que la Terre ne s’effondre pas d’un coup
Mais par fatigue
Par abandon
Par solitude.
Et que si elle tend encore la main
C’est seulement pour ne pas sombrer
Sans laisser une trace dans la nuit.
Et pourtant
même lorsque tout s'éloigne
la Terre continue de lever la main
juste pour ne pas disparaître en silence.
MARIE SYLVIE






Bonjour Marie-Sylvie, l'absence est une plaie qui ne se referme pas, une illustration parlante ensuite, la terre qui implore la lune, en quelque sorte, elle qui ne subit pas les humeurs de l'humanité.... merci, amitiés, jill
RépondreSupprimerOui Dame Lune est tranquille !
RépondreSupprimerUn doigt sur la Lune si lointaine...
Nos absents sont toujours vivants tant qu'on pense à eux...
Bon vendredi chère Marie Sylvie
Béa kimcat
Bonjour Marie Sylvie,
RépondreSupprimerC'est un texte très émouvant et d'une beauté douloureuse qui transperce en chacun de tes vers. L'absence est parfois un puits sans fond. On essaie de remonter, mais toujours il nous happe vers le bas. C'est un peu ainsi que j'interprète tes mots : "Je ne sais plus quelle destination suivre.
Chaque pas me fait basculer dans un monde où tu n’es plus".
Je trouve les mots suivants d'une beauté et d'une profondeur intense :
"Je te cherche dans mon âme
Dans les fissures
Dans les endroits où la douleur se cache pour respirer.
Je te parle en silence
Je te livre mes confidences
Comme on dépose des pierres sur une tombe invisible".
Ta plume est d'une grande sensibilité, chère amie, j'en suis émerveillée à chaque fois que je te lis.
Avec toute mon amitié,
Martine
L'absence est terrible, et je me pose souvent la question de savoir si j'aurais la force de continuer sans ma moitié si son cancer des poumons devait lui fermer les yeux.
RépondreSupprimerBises et bon vendredi. Zaza
Tes deux textes sont très émouvants. La perte d'un enfant est un drame dont on ne doit jamais se remettre
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RépondreSupprimerDes mots très forts tes deux textes soulèves bien des problèmes en rapport avec la vie : Hélas! cruelle absence! souvent culpabilisante .
FA
Bonjour Marie Sylvie
RépondreSupprimerQuelle souffrance bien silencieuse se dégage de tes mots mon Amie de plume.
Les larmes me sont montées au yeux à peine j'ai osé imaginé cette douleur.Maman de 4 enfants, Mamie de 14 petits(et grands) et arrière Mamie de 3 petits, tes mots ne pouvaient que me transpercer le coeur.......... Je t'embrasse très affectusement Marie Sylvie...
Ma très chère Marie, je te lis et mon esprit, mon âme, mes yeux, mes pensées ceints d'une infinie émotion et tendresse sont tournés vers toi, t'entourant de toute mon affection, mon écoute ; les vers poétiques de tes deux poèmes sont d'une rare sensibilité, d'une exceptionnelle beauté, nos larmes se joignent à chacune des tiennes, à chacun de tes mots, à l'enfant, à la mère... nous partageons avec douceur et cœur tressaillant, ce magnifique message que tu nous offres avec délicatesse et courage. Merci à toi ! Bisous lumineux.
RépondreSupprimerTes deux poèmes m'ont atteinte au plus profond et ils m'ont fait pleurer. Je ne t'en dis pas plus chère Marie-Sylvie. j'espère que tu comprendras la pudeur de mon commentaire. Je t'embrasse très fort
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