TRISTESSE D'ÉPOQUE

 





ÉCRIRE UN TEXTE EN UTILISANT LES PHRASES
MOTS
EXPRESSION 
ET THÈMES PROPOSÉS 
SANS LES MODIFIER.


PHRASES :

MOTS OU EXPRESSIONS :

ET/ OU THÈME :
















Je marche dans la ville comme on traverse un rêve qui se délite.  
Au loin un pot d'échappement crache une fumée grise
presque hostile
comme si même les machines avaient perdu patience.  
Autour de moi les façades semblent s'anuiter lentement 
inexorablement
comme si la lumière refusait désormais de s’attarder sur ce siècle trop bruyant
trop sûr de lui
trop oublieux.

J’ai le regard vide
un regard qui ne s’accroche plus à rien
ni aux vitrines
ni aux passants
ni aux promesses d’un monde qui prétend avoir évolué.  
Parfois pourtant un éclat revient ...
un regard furieux 
incandescent 
lorsque j’entends ces discours officiels où l’on parle d’égalité comme d’un bibelot qu’on pose sur une étagère pour faire joli
mais cet éclat s’éteint aussitôt
partiellement
comme si même ma colère se fatiguait de ne jamais être entendue.

Je repense à la belle époque et ses culottes courtes
à ces années où je croyais encore à une vie naturelle
simple
où les adultes semblaient honnêtes et les institutions solides.  
Je revois la correspondance que j’entretenais avec Frère Jean 
lettres tremblées où l’on parlait de dignité comme d’un trésor fragile.  
Aujourd’hui ce mot semble presque déplacé
car la mélancolie n’est plus seulement une affaire intime.  
Elle est devenue un paysage.  
Un constat.  
Une blessure collective.

Je pense à ces occasions spéciales où l’on célèbre la réussite 
la promotion
la fortune
comme si la richesse était une vertu en soi.  
Et pourtant je vois bien que notre époque a glissé dans un paradoxe affligeant :  
Le pauvre symbolise l’honnêteté 
la richesse la malhonnêteté.  
Il suffit d’ouvrir un journal pour y lire que certains de ceux qui gouvernent
censés montrer l’exemple
finissent en prison ou sont accusés de détournement de fonds.
La justice semble parfois enfiler un pardessus trop large
un vêtement qui lui permet de marcher par-dessus les évidences 
sans jamais s'y accrocher
comme si elle craignait de déranger ceux qui ont les moyens de se défendre.

Je prends une grande inspiration 
comme pour me donner du courage avant de replonger dans ce monde où l’on confond réussite et prédation
mais même l’air me paraît douloureux
chargé de ce que nous avons perdu : 
La confiance
la simplicité
la certitude que le bien triomphe du mal.

Je me dis que la tristesse de notre époque n’est pas un cri
ni un effondrement spectaculaire.  
C’est une lente érosion.  
Une fatigue.  
Un voile qui se dépose sur les gestes les plus simples.  
Une lucidité qui brûle.

Et pourtant je continue d’avancer.  
Non par espoir
l’espoir me semble trop fragile
mais par fidélité à quelque chose d’ancien
de têtu
de profondément humain :  
La conviction que même dans un monde fissuré
il reste des êtres qui marchent droit
qui refusent de tricher
qui portent la lumière sans bruit.

La tristesse
cette nostalgie morose 
je le sais n’est pas une fin.  
C’est une vérité.  
Et parfois c’est dans la vérité que commence la résistance.














Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, j'ai aime le pauvre honnête et le riche malhonnête, ceux qui nous dirigent, eh oui à la une mais pour des faits, bien peu glorieux !!! Très beau défi, merci, amitiés, jill

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  2. Bonjour Marie-Sylvie,
    Comme toi je ressens la tristesse de cette époque dans laquelle nous nous enlisons tous, éclat de strass, roulement de tambour autour des scandales tapageurs des amours des stars, prébendes en tout genre, déconfiture de la noblesse d'âme, C'est vraiment une grande tristesse !
    Bien amicalement
    Livia

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