RENC'ART
CONSIGNE EAV 2526 -21
DANS LE CADRE DU JEU 《 RENC'ART》 IL S'AGIT DE CHOISIR DEUX ŒUVRES PARMI UN ENSEMBLE DE CARTES ARTISTIQUES
PUIS D'ÉCRIRE UN TEXTE OÙ CES DEUX ŒUVRES DIALOGUENT
SE RENCONTRENT
OU S'OPPOSENT.
POUR CETTE PROPOSITION, LES DEUX ŒUVRES CHOISIES SONT
MON OBJECTIF :
Faire débattre ces deux figures comme deux facettes de l’être humain
Dans la salle encore tiède des pas du public
le Penseur toussote,
se redresse un peu
et lance d’une voix grave :
《 Enfin seuls.
Je vais pouvoir rappeler une vérité essentielle :
Sans moi rien n’existe.
Je suis la réflexion
la profondeur
le moteur invisible de toute action.
On me croit immobile
mais je voyage plus loin que n’importe quel pied pointé.
Je pèse
j’analyse
je décortique.
Bref je suis indispensable. 》
La Petite danseuse roule des yeux.
Elle ajuste son tutu
fait un demi‑plié
et répond avec un sourire qui pique un peu.
《 Mon cher monsieur de bronze
tu es peut‑être la profondeur
mais tu es aussi la lourdeur.
Tu passes ton temps à ruminer
à tourner en rond dans ta tête
à t’enrouler sur toi-même comme un escargot philosophe.
Moi je suis l’élan
la joie
le risque.
Je tombe
je me relève
je recommence.
Je suis la vie qui circule.
Sans moi tu serais un caillou qui pense.
Et encore pas sûr qu’il pense.》
Le Penseur fronce les sourcils.
Il adore qu’on le contredise
ça lui donne du grain à moudre.
《 Très bien très bien.
Tu bouges
tu virevoltes
tu papillones.
Mais enfin à quoi sert le mouvement
s’il n’a pas de direction
ni de sens
ni même un début de réflexion ?
Tu es charmante certes
mais tu vas où exactement ?
Tu danses pour danser.
Moi je pense pour comprendre.
Et comprendre c’est avancer.》
La danseuse éclate d’un rire clair
un rire qui fait vibrer la salle entière.
《 Avancer ?
Tu n’as pas bougé d’un centimètre depuis 1880.
Moi au moins j’essaie.
Et puis tu sais quoi ?
La pensée sans le corps
c’est une lettre sans facteur.
Ça reste coincé dans la boîte.
Moi je porte les idées
je les mets en mouvement
je leur donne une forme
une respiration.
Sans moi tu serais un brouillard. 》
Un silence tombe.
Pas un silence hostile.
Un silence qui réfléchit
qui respire
qui se reconnaît.
Le Penseur incline la tête.
La Danseuse adoucit son sourire.
《 Bon… 》 dit-il.
《 Bon… 》 dit-elle.
Et ensemble :
《 Il faut bien l’admettre :
La pensée a besoin du corps
et le corps a besoin de la pensée.
L’un donne l’élan
l’autre donne la direction.
Sans toi je m’effondre.
Sans toi je m’égare.
À deux nous avançons. 》
Alors dans la salle silencieuse
on aurait juré voir le bronze se détendre
et la cire respirer.



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Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerChouette débat entre ces deux personnages. J'ai aimé.
Bises et bonne soirée. Zaza
Ah oui, j'adore; bravo Marie-Sylvie, bonne soirée, amitiés, jill
RépondreSupprimerBonsoir Marie-Sylvie. Quel beau dialogue entre le penseur et la danseuse ! Bonne soirée
RépondreSupprimerEncore une magnifique déclinaison poétique et un dialogue de haute volée ! Bravo !
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