LA COURBETTE AU BORD DE L'EAU







ÉCRIRE UN TEXTE AVEC LES HOMONYMES 



ET 


QUE M'INSPIRE LE MOT : 









LA COURBETTE AU BORD DE L'EAU 



Lisa traverse la cour du manoir comme on traverse un souvenir
Sa robe longue glissant derrière elle en un souffle de soie
Et déjà un frisson court devant ses pas
Annonçant sa présence avant qu’elle n’apparaisse tout à fait.

On l’attend pour la chasse à courre
Mais son regard se détourne
Glisse vers un murmure plus doux
Plus ancien que les cors et les chiens.

Elle ne veut pas courir après la proie
Ni se laisser happer par le tumulte de la meute.  
Elle préfère écouter le murmure des feuilles
S'incliner vers la paix plutôt que vers la poursuite.
Elle préfère s'échapper
Non pour fuir
Non
Mais pour laisser son âme vagabonder
Doucement 
Vers le fil argenté de la rivière.
Là où l'eau parle bas
Glisse entre les pierres 
Docile 
Patiente
Et lui offre un autre rythme 
Un autre destin.
Là où la lumière se dépose délicatement
Sans bruit.


Elle s'incline alors
Une courbette légère
Presque secrète.
Cette courbette qu’elle esquisse n’est pas une soumission
Mais une révérence offerte à la paix
Un salut discret à la liberté qu’elle choisit.

Et tandis que la rivière poursuit son cours
Elle comprend que sa place est là
Dans ce glissement d’eau et de lumière
Loin du fracas
Là où le vent caresse
Là où l'eau raconte
Près d'elle-même.


Dans chaque courbette qu'elle esquisse 
Elle ne s'abaisse pas
Elle se rapproche simplement de ce qui l'apaise.













LA COURBETTE


La courbette pour moi n’est pas un salut imposé
Ni un reste d’étiquette que je reproduirais par habitude.  
C’est un mouvement intérieur
Une manière douce de m’incliner sans jamais me renier.

Lorsque je fais une courbette
Je ne me fais pas petite pour disparaître
Je me fais légère pour mieux choisir ma place.  
Je plie un instant
Juste assez pour laisser passer le vent
Juste assez pour que la paix trouve un chemin vers moi.

C’est un geste qui protège
Un voile de grâce posé entre le monde et mon cœur.  
Je m’incline 
Oui
Mais c’est pour mieux affirmer ma liberté
Pour dire avec délicatesse ce que je ne veux plus porter.

La courbette
Telle que je la vis 
N’est ni soumission ni façade.  
C’est une élégante dérobade
Un art de dire non sans blesser
Un art de dire oui sans me trahir.

Dans cette infime inclinaison
Je retrouve ma force
Ma tenue
Ma manière d’habiter le monde.  
Je me courbe un instant
Mais je me relève entière.


Lorsque j'esquisse une courbette
Je ne me plie pas au monde.

je m'accorde simplement 
À ce qui me rend plus vraie. 



MARIE SYLVIE 








Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, la chasse à courre, d'un autre temps, elle a raison de profiter de cette sortie autrement, quant à la courbette, voilà chose dite pour toi..... ;-) amitiés, jill

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