CE QUE LES ARCHES SAVENT







Les jours s'effilochent 
Comme des étoffes trop longtemps suspendues au vent
Et pourtant 
Sous les arches peintes de mémoire
L'humanité marche encore. 

Elle avance 
Drapée de rouge
Un parasol pour seul ciel 
Comme si le monde pouvait se tenir dans un cercle de soie.

Les murs chantent en motifs oubliés 
Des prières sans alphabet 
Des histoires que les pierres ont gardées pour elles
Par pudeur ou par fidélité. 

Un pas puis un autre.
Lente procession vers un ailleurs qui ne dit pas son nom.
Le corridor s'étire 
Où chaque détail crie :
《 Regarde-moi avant que je disparaisse.》

Et l'humain
Minuscule silhouette au bout du monde
Marche sans bruit 
Comme si marcher était encore une forme de résistance 
Comme si le silence pouvait réparer ce que les cris ont brisé.

Il y a dans l'ombre des colonnes 
Des éclats de lumière qui ne veulent pas mourir
Des reflets d'enfance  
Des souvenirs d'eau
Des battements du cœur qui refusent l'oubli. 

Peut-être que les derniers jours ne sont pas des fins 
Mais des seuils.
Peut-être que l'humanité 
Dans sa robe rouge 
Danse encore 
Même si personne ne regarde. 


Lorsque le monde vacille 
Il reste les pas
Les couleurs 
Et ce silence qui sait encore aimer 









Commentaires

  1. Heureusement que
    Lorsque le monde vacille
    Il reste les pas
    Les couleurs
    Et ce silence qui sait encore aimer...
    Bon dimanche chère Marie Sylvie
    Bien amicalement

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  2. Bonjour Marie-Sylvie. Heureusement qu'il reste encore quelques éléments auxquels se raccrocher quand tout vacille

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  3. un beau texte mais bien triste.
    FA

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