RUE PRÉMAR
ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE AEV 25 - 2435
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APOCOPES DE NOMS DE LIEUX
RUE PRÉMAR
▪︎ CHAPITRE 2 - L'ENFANT DE LA RUE PRÉMAR
Le 61 rue Prémar, à l'angle de la rue de l'Évent, baignait dans une lumière blafarde, projetée par les gyrophares des voitures de police. À l'intérieur du pavillon Le Chaperon Rouge, l'horreur s'était installée. Un couple, un dentiste respecté et sa femme secrétaire médicale, gisaient sans vie, victime d'une violence indicible.
Au milieu de cette scène macabre, un enfant de huit ans dormait blotti contre les corps de ses parents. Son visage paisible malgré l'atrocité environnante trahissait un état de choc profond. L' inspecteur Clairemont, le regard sombre, s'accroupit près de l'enfant.
-" Il ne réalise pas encore !" , murmura-t-il plus pour lui-même que pour ses collègues.
Avec une douceur inhabituel, il souleva l'enfant et l'emmena à sa voiture stationnée rue des Trois Écritoires. Là, il l'installa sur la banquette arrière, enveloppé dans une couverture.
-" Reste ici, petit. On va s'occuper de toi ", dit-il d'une voix apaisante, bien qu'il sache que les mots ne suffiraient pas. Le Service Spécialisé de l' Enfance était en route mais Clairemont ne pouvait s'empêcher de se demander : Pourquoi ce couple? Pourquoi cet enfant ?
☆☆☆
L'inspecteur Clairemont, le visage marqué par la fatigue, fit signe au Service de l' Enfance d'approcher.
-" Il est dans ma voiture, sur la banquette arrière ", dit-il d'une voix rauque. Mais lorsqu'il ouvrit la portière, un frisson glacial parcourut son échine. La couverture était là, soigneusement pliée mais l'enfant avait disparu.
-" Qu'est-ce que ....? Murmura Clairemont, son regard balayant frénétiquement les environs. Les agents sur place cessèrent leurs activités, alertés par l'urgence dans sa voix.
La rue Prémar, si calme quelque instant plus tôt, semblait soudain regorger de recoins sombres et de secrets.
-" Comment un enfant de huit ans avait-il pu disparaître sans que personne ne le voie ?" Pensa Clairemont, son esprit déjà en train de reconstituer les possibles scénarios.
☆☆☆
La tension montait alors que l'inspecteur Clairemont interrogeait les voisins, leur demandant s'ils avaient vu l'enfant. Les réponses étaient unanimes et déconcertantes : Personne n'avait jamais vu un enfant au 61 rue Prémar. Ce quartier La Broche-à-Rôtir était surtout peuplé de célibataires et de couples sans enfant.
-" Ce couple n'avait pas d'enfant " affirma une voisine perplexe.
De retour à l'intérieur du pavillon, l'équipe fouilla minutieusement chaque pièce. Pas de chambre d'enfant, pas de jouets, pas de vêtements. Même les albums photos semblaient conspuer l'existence de ce garçon. Rien, absolument rien, ne suggérait qu'un enfant avait vécu ici.
Clairemont, troublé, s'arrêta dans le salon. Les murs froids semblaient murmurer des secrets qu'il ne parvenait pas à saisir. Qui était cet enfant ? Pourquoi dormait-il auprès de ces corps mutilés ? Et pourquoi semblait-il s'être évaporé comme un fantôme ?
Alors qu'il réfléchissait, un agent s'approcha, tenant un carnet trouvé dans un tiroir. Sur la dernière page, griffonnée à la hâte, une phrase glaçante semblait répondre au mystère :
" L'enfant est la clé mais il n'existe pas "
☆☆☆
L'inspecteur Clairemont, plongé dans ses notes, fut interrompu par son collègue l'inspecteur Varnier, nouvellement muté du quartier Retour O Kalm.
-" Je crois que j'ai déjà vu cela, " dit-il sa voix grave résonnant dans la pièce.
Clairemont leva les yeux, intrigué :
-" Vu quoi ?"
Varnier posa un dossier sur la table :
-" Il y a trois ans, dans une petite ville du sud, à Trois Pavés Ronds , un couple a été assassiné de manière similaire. Sauvagement, à l'arme blanche. Et sur les lieux rue Croque-Bedaine , un enfant, traumatisé, retrouvé blotti contre les corps. Mais avant que nous puissions l'interroger au poste de police ruelle du Chat-Noir, il a disparu. Comme ici à Foire-le-Roi.
Le silence s'installa, lourd et oppressant. Clairemont feuilleta le dossier, ses yeux s'arrêtant sur une photographie de la scène de crime. Les similitudes étaient troublantes.
-" Et cet enfant ? vous avez trouvé qui il était ?"
Varnier secoua la tête :
-" Non. Pas de trace, pas d'identité. Comme si il n'avait jamais existé. "
☆☆☆
Le rapport du médecin légiste révéla une vérité aussi dérangeante qu'inattendue. Les corps des victimes contenaient une dose massive de somnifère, suffisante pour plonger n'importe qui dans un sommeil profond. Le commissaire posa une main tremblante sur son bureau :
-" Et si l'enfant .... avait prémédité tout cela ?" murmura-t-il.
Clairemont, incrédule, fixa son supérieur.
-" Un enfant de huit ans ? Vous pensez qu'il aurait administré les somnifères, attendu qu'ils s'endorment et ensuite .....?
Le commissaire hocha la tête, son regard sombre :
-" Et ensuite, les aurait poignardés. Encore et encore, jusqu'à ce que l'épuisement le rattrape."
L'idée semblait irréelle mais les faits étaient là. Clairemont sentit un frisson parcourir son échine.
-" Si c'est vrai, alors cet enfant est bien plus qu'un simple témoin. Il est au cœur de quelque chose de bien plus sombre ."
☆☆☆
Des années s'étaient écoulées depuis le drame du 61 rue Prémar mais l'affaire n'avait jamais été résolue. Les photographies des corps mutilés et l'image de l'enfant disparu hantait encore l'inspecteur Clairemont.
Cette nuit-là, dans son commissariat place du Écouter-Voir , une enveloppe fut glissée sous sa porte. À l' intérieur, une seule feuille :
《 Vous ne me trouverez jamais
mais moi je vous vois 》
Le commissaire entra, livide :
-" Clairemont, il y a eu un nouveau meurtre. Même mode opératoire. Même rue. "
Clairemont sentit son sang se glacer.
-" Rue Prémar ?" murmura-t-il.
Le commissaire acquiesça.
-" Oui. Et cette fois encore ... on parle d'un enfant."
MARIE SYLVIE
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Sacrée histoire bien sombre ! C'est glaçant, cet enfant qui aurait peut-être assassiné ses parents... Ou qui n'aurait jamais existé ? Le mystère demeure...
RépondreSupprimerIntéressant, ce début de polar. Et terriblement d'actualité à l'heure des présences d'armes blanches dans les cartables !
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