LA LIBERTÉ EN PARENTHÈSES
MIL ET UNE ENCORE ...
https://miletune2.com/2026/08/15/sujet-196-du-15-aout-au-22-aout/
SUJET # 196
Lilou revient après un mois de pause
et pour marquer cette reprise
elle nous offre une photographie pleine de douceur :
Une valise à la main
comme prête à franchir un seuil.
Cette image accompagnée du mot facultatif Retour
ouvre un thème lumineux
simple et inspirant.
Je dépose ici ma participation
née de cette scène qui évoque les départs légers
les respirations nécessaires
et ces instants où l’on avance sans se perdre.
Je n’ai jamais su partir longtemps.
Les gens parlaient de vacances comme d’un pays lointain
Un territoire où l’on se déleste de tout
Où l’on respire autrement.
Moi je n’ai jamais réussi à m’y abandonner.
Non pas par manque d’envie mais parce qu’au bout du chemin il y avait toujours ce moment où la vie reprenait son rythme
Où les responsabilités se redressaient comme des silhouettes que l’on croyait endormies.
Ce moment-là je l’ai toujours redouté :
Le retour.
Alors j’ai inventé ma propre manière de voyager.
Une manière discrète
Presque secrète
Qui ne demandait ni valise ni grand départ.
Je partais pour une journée
Parfois même pour quelques heures comme on ouvre une fenêtre pour laisser entrer un peu d’air.
Un train
Une route
Un village
Une forêt
Un rivage…
La France s’offrait à moi sans exigence
Sans protocole
Sans distance.
Elle était là
Vaste et douce
Prête à m’accueillir sans me retenir.
Je me souviens de ces matins où je prenais la voiture comme on prend un élan.
Le soleil encore timide
La radio en sourdine
Et cette sensation d’être libre pour quelques heures.
Je roulais vers un endroit que je ne connaissais pas encore ou que j’avais aimé autrefois.
Parfois une petite gare m’attendait avec son horloge un peu fatiguée et son parfum de départs minuscules.
Je descendais
Je marchais
Je respirais.
Je devenais une passante
Une voyageuse d'un jour
Une femme qui s’offre un morceau de ciel sans disparaître du monde.
Ces excursions étaient mes trésors.
Je les ramenais le soir comme d’autres ramènent des souvenirs de pays lointains.
Un paysage
Une lumière
Un goût
Une rencontre
Un silence…
Et surtout cette sensation d’avoir vécu quelque chose pour moi
Rien que pour moi
Sans sacrifier ce qui comptait.
Ma fille
Ma maison
Mon entreprise
Ma vie
Elles n’étaient jamais loin.
Je ne m’éloignais que juste assez pour me retrouver.
Aujourd’hui encore lorsque je vois une petite gare au bord d’un chemin
Une femme avec une valise
Un horizon qui s’ouvre
Je sens quelque chose se réveiller en moi.
Une nostalgie douce
Une gratitude presque tendre.
Je n’ai peut-être jamais pris de grandes vacances mais j’ai traversé des centaines de paysages
J’ai cueilli des instants lumineux
J’ai appris à voyager sans partir.
Et peut-être que c’est cela au fond ma manière d’exister :
Avancer par petites échappées
M’offrir des fragments de liberté
Et revenir chaque soir vers ce que j’aime
Comme on revient vers une lumière qui ne s’éteint jamais.
https://mariesylvie.blogspot.com/



Joliment dit.... dans le verbe partir il y a tant de choses et pas forcément des séjours au long cours.... amitiés jill
RépondreSupprimerles petits départs peuvent être aussi beaux que les grands, l'iportant c'est l'émotion qu'ils suscitent.
RépondreSupprimerFA
Coucou Marie Sylvie.
RépondreSupprimerQuelle belle toile pour illustrer ce défi très réussi. Bravo
Bises et bonne journée. Zaza
Bonjour ma très chère Marie Sylvie,
RépondreSupprimerQuelle belle façon d'envisager ces échappées de vacances toute personnalisées!
Très longtemps, de l'enfance à l'âge adulte, je ne suis jamais partie en vacances de la façon dont cela s'inscrit dans l'idée des gens.
Mes parents n'avaient pas les moyens de "partir" (ni voiture, ni argent pour prendre les transports avec 5 enfants, et encore moins pour s'offrir une location).
Pour autant, j'avais le grand bonheur de vivre en bord de mer et pour moi les vacances c'était toute l'année !!! Il suffisait que je fasse quelques 2 ou 3 kilomètres à pied pour me rendre à la plage.
Et tout le reste se passait dans ma tête...
Comme toi, pas besoin de faire des kilomètres ni de partir à l'étranger pour voyager.
J'aime beaucoup ta manière d'aborder ces vacances dans l'accueil de ce qui est et de ne pas vouloir "faire comme tout le monde".
Les vraies vacances se passent dans l'esprit et elles sont ce qu'on en fait.
Depuis plusieurs années, mon mari et moi-même ne partons plus,... parce que nous sommes bien à la maison et que nous avons la chance de vivre dans un bel environnement qui ne nous engage pas à aller forcément voir ailleurs.
Par contre, nous recevons nos enfants et petits-enfants qui sont ravis de se rapprocher du bord de mer et de passer de bons moments avec nous.
Merci pour ce très beau partage qui nous dévoile, une fois de plus, une part secrète de ton cœur dessinée à l'encre de ta plume douce et poétique.
Gros bisous
Belle évocation de ces souvenirs d'escapades. Quand j'étais enfant, nous passions toutes nos vacances dans une caravane sur le terrain de mes grands-parents, et c'était bien aussi.
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ton texte et l'évocation de tes petits voyages, escapades, pas trop loin, pas trop longtemps. Merci pour ce partage Marie Sylvie.
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