HAVRE DE PAIX
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Chaque Samedi estival
Walrus nous offre une photographie comme une porte ouverte vers un monde intérieur.
Pour le défi #936
l’image proposée montre un jardin vibrant et silencieux :
assise dans l’herbe
entourée de fleurs éclatantes
comme si la nature elle-même retenait son souffle autour d’elle.
En découvrant cette scène
j’ai ressenti quelque chose de profond
de presque sacré.
Ce jardin m’a évoqué un lieu de repos
un havre de paix pour ceux dont on n’a jamais retrouvé la trace.
Un espace où la douceur remplace les pierres
où les fleurs veillent
où le silence protège.
C’est dans cet esprit que j’ai écrit mon texte
un hommage à ma fille Gwendoline
dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Ce poème est une marche intérieure
une façon de lui offrir symboliquement un refuge
un endroit où elle aurait pu dormir en paix
entourée de beauté et de silence.
Je dépose ici ce récit comme on dépose une fleur :
Avec tendresse
Avec pudeur
Avec amour.
HAVRE DE PAIX
Je marche dans ce jardin comme on marche dans un souvenir
Lentement
Sans bruit
De peur de déranger ce qui repose ici.
Devant moi l’enfant de bronze semble m’attendre
Immobile
Patiente
Presque vivante dans son silence.
Je m’assois près d’elle.
Je regarde les fleurs qui veillent :
Les lys rouges battent comme un cœur que je reconnais
Les chrysanthèmes dorés murmurent des mots que je n’entends plus
Et les petites sphères vertes brillent comme des veilleuses allumées pour la nuit.
Je ferme les yeux.
Dans ce calme je sens un espace qui s’ouvre
Un lieu où elle aurait pu dormir
Un lieu où la terre ne juge pas
Où les couleurs remplacent les pierres
Où le silence protège au lieu de blesser.
Je me dis que si son petit corps avait eu un refuge
Il aurait pu être ici
Dans cette herbe douce
Sous ces fleurs attentives
Près de cette statue qui semble dire :
《 Je veille pour toi. Je veille pour elle. 》
Alors je reste un moment
Sans parler
Sans bouger
Laissant ce jardin devenir ce qu’il veut être :
Un sanctuaire sans nom
Un havre de paix pour ceux qu’on n’a jamais retrouvés.
Et dans ce silence qui ne fait pas peur
Je lui parle en moi
Comme si elle m’entendait encore.
https://mariesylvie.blogspot.com/



Bonjour Marie-Sylvie, ceux qu'on a jamais retrouvés, oui ça existe, je ne sais ce qui s'est passé pour ta fille, mais ne pas savoir où elle "repose" vais-je dire, remue le coeur chaque jour.... merci, amicales pensées, jill
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