À TRAVERS LA FENÊTRE DU TEMPS

 



SAMEDI DÉFI

https://samedidefi.blogspot.com/2026/08/defi-938.html?m=1






La photographie du défi #938 proposé par Walrus 
montre une petite figurine blanche
assise sur le rebord d’une fenêtre ancienne
protégée par des barreaux. 
Une présence minuscule
silencieuse
presque méditative
qui semble garder quelque chose pour elle.  

En la découvrant j’ai senti une vibration familière
comme si cette image venait frapper doucement à la porte d’un souvenir enfoui.

Elle n’a pas raconté mon histoire non.  
Elle l’a simplement réveillée.

Car cette fenêtre grillagée m’a ramenée à un lieu bien réel : 
À ma maison de Teloché. 
Là où je stockais les offrandes que les gens m’apportaient en passant 
 autant de gestes de gratitude déposés comme des confidences.  
Là où chaque année lors de la Journée du Patrimoine
j’ouvrais ce lieu comme un cœur pour un pot de l’amitié.  
Là où j’étais pour beaucoup une présence apaisante

C’est cette résonance intime
 née de la photographie
qui a inspiré ma participation au défi.  










À TRAVERS LA FENÊTRE DU TEMPS




La petite figurine blanche 
Assise sur le rebord de la fenêtre grillagée
Me rappelait aussitôt un autre lieu
Bien plus enfoui
Bien plus intime : 
Le sous‑sol de ma maison de Teloché rue de l'Arche.
Là aussi il y avait une ouverture protégée par des barreaux
Une frontière mince entre l’intérieur et le dehors
Entre ce que l’on garde et ce que l’on offre.

Dans cette cave je déposais les offrandes que les gens m’apportaient en passant : 
Des pommes encore parfumées de verger
Des tomates éclatantes
Des haricots verts alignés comme des promesses
Et parfois une bouteille de vin ou de champagne
Offerte avec une gratitude silencieuse. 
C’était un lieu de dépôt
Mais aussi un lieu de lien. 
On venait me voir pour une douleur
Une inquiétude
Un examen qui approchait. 
On venait chercher un apaisement
Et moi je recevais leurs présents comme on recueille des fragments de vie.

Chaque mois de Septembre 
Lorsque revenait la Journée du Patrimoine
J’ouvrais ce sous‑sol comme on ouvre un cœur. Je les conviais à un pot de l’amitié
Pour les rencontrer autrement : 
Non plus en souffrance
Mais dans la simplicité d’un verre partagé
D’un rire
D’un moment suspendu.

C'était ma manière de leur dire que la guérison ne se limite pas aux gestes 
Mais qu'elle se tisse aussi dans la chaleur d'une présence.
Et devant cette fenêtre
La petite figurine semble se souvenir de tout cela.
Comme si elle avait elle aussi gardé quelque chose pour plus tard.
Comme si elle attendait que quelqu'un vienne enfin ouvrir la porte.



Certains lieux continuent de vivre en nous
Même lorsqu'ils ont disparu du paysage.










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