SOUS L'AILE DE L' ÉPUISEMENT

 



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THÈME : 

Une petite chevauchée ...












Il y a des périodes de vie où l’on avance sur deux routes à la fois
où l’on porte deux responsabilités
deux fidélités
deux exigences.  

Pendant des années 
j’ai été enseignante le matin 
à former des esprits et à servir des clients
à tenir debout dans un rythme 
que peu auraient traversé sans vaciller.  

De cette traversée est née une présence intérieure
une force discrète qui me relevait chaque fois que la fatigue me couchait.  
J’ai voulu lui donner un nom
une forme
une voix.  

Voici donc le texte que j’ai écrit pour le Samedi Défi de Walrus
un texte sur cette Walkyrie qui ne choisit pas les morts héroïques
mais celles et ceux qui continuent malgré l’épuisement.  











SOUS L'AILE DE L'ÉPUISEMENT




Il y a des soirs où je ne savais plus très bien  
Si je marchais encore  
Ou si je tenais par habitude.  

Le matin j’étais enseignante.
Je portais des regards jeunes
Des questions qui tremblaient
Des avenirs qui attendaient qu’on les aide à naître.  
Former des diplômés,  
C’était plus qu’un métier 
C’était une responsabilité qui me dépassait.  

Le soir j’étais cheffe d’entreprise.
Je portais des attentes d’adultes
Des projets à mener
Des clients à rassurer
Des décisions qui ne pouvaient pas attendre demain.  
Servir juste
Servir bien
c’était ma manière de tenir parole.  

Et entre les deux
Il y avait moi
Morte de fatigue
À ramasser mes forces comme on ramasse des miettes de lumière.  

C’est là qu’elle venait.  
Pas une Walkyrie de légende
Pas une guerrière casquée
Mais une présence discrète
Une gardienne de souffle.  

Elle se penchait vers moi  
Chaque fois que je m’effondrais dans un coin de journée
Et d’une main invisible
Elle me relevait.  

Elle ne me parlait ni de gloire ni de victoire.  
Elle me parlait de sens.  
Elle me rappelait que certaines vies se tiennent debout pour autre chose que la rémunération.  
Pour la trace qu’elles laissent
Pour les êtres qu’elles accompagnent
Pour la justesse qu’elles tentent de maintenir  
malgré les nuits trop courtes.  

Sous l’aile de l’épuisement
je n’étais pas héroïque.  
J’étais vivante.  
Et c’était déjà beaucoup.  

Ma Walkyrie ne m’a jamais conduite au Valhalla.  
Elle m’a conduite à demain.  
À ce lendemain que je croyais hors de portée
Et que pourtant
Je finissais toujours par atteindre.












Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, fiction ou réalité quelle force, quel courage, quelle volonté.... On ne peut qu'admirer ce genre de personne... Merci, amitiés, jill

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