LE SOUPIR DU MONDE MODERNE

 



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Il y a dans la vie des périodes silencieuses
Où l’on traverse les années 
Comme on traverse un champ au petit matin :
Sans peur
Sans urgence
Avec cette confiance simple qui ressemble à la rosée posée sur l’herbe.  
Plus d’une décennie sans médecin
Non par défi
Mais parce que le corps alors parlait une langue claire
Une langue que l’on comprenait sans trembler.

Aujourd’hui j’entends les jeunes familles demander 
Avant même de s’installer quelque part
S’il y a un médecin 
Avant l’école
Avant la mairie
Avant même la brigade de gendarmerie.  
Et un frisson me traverse
Non de peur
Mais d’étonnement :  
Comment en sommes‑nous arrivés à croire que la sécurité précède la vie
Que la prévention précède l'expérience 
Que l’angoisse précède la confiance ?

Le monde moderne semble avoir troqué la sagesse contre l’ anticipation du pire. 
Il porte en lui une colère discrète
Une inquiétude diffuse
Comme si chaque absence de service était une menace
Comme si chaque village devait se justifier d’exister.

Pourtant la viz n'est pas un siège permanent contre la souffrance.
Elle est un voyage 
Un apprentissage
Une lente traversée où l’on découvre que la santé n'est pas seulement un cabinet médical
Mais une manière d’habiter son corps
De respirer
De penser
De se tenir debout dans le vent.

Nous ne sommes pas venus sur terre pour trembler.  
Nous sommes venus pour comprendre.  
Pour entrer dans cette éternité discrète qui se cache dans chaque geste juste.  
Pour apprendre l’amour
Le respect
La patience envers soi-même et envers les autres. 
Pour reconnaître la multitude de forces qui nous portent
Visibles ou invisibles.

Alors je laisse retomber le soupir du monde inquiet.  
Je me souviens que la vie n'est pas une urgence
Mais une écoute.  
Qu’elle ne demande pas d’être rassurée
Mais d’être comprise.  
Et que parfois
La plus grande médecine
C’est la clarté intérieure
Celle qui nous apprend à marcher sans peur
À vivre sans excès d’ombre
À accueillir ce qui vient avec une présence entière.



Dans un monde devenu si prompt 
au frisson et à la colère
il reste essentiel de retrouver 
ce regard silencieux 
qui voit dans chaque goutte de rosée 
un voyage vers plus de respect et d’amour
car la multitude de nos peurs 
ne devrait jamais étouffer ce soupir d’éternité 
qui nous rappelle que 
la connaissance éclaire bien mieux que l’inquiétude.











Commentaires

  1. Comme tu dis juste Marie-Sylvie, ce monde a des attitudes volcaniques, nous le craignons, toute action négative se répercute... que la raison daigne l'emporter ! Merci, amitiés jill

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