LA ROUTE SOUS LA PEAU
https://sitalotus.wordpress.com/2026/04/27/defi-326-des-croqueurs-de-mots/
Il y a des chemins qui ne mènent nulle part
Et pourtant nous ramènent à nous-mêmes.
Pour ce Défi 326 des Croqueurs de Mots
J’ai laissé une bicyclette bleue tracer la route
à ma place
Tel un éclat de ciel posé sur la terre.
Les titres se sont glissés dans mes pas
Se sont mêlés à la poussière des sentiers
Et peu à peu une histoire s’est ouverte
Là où la mémoire frôle la lumière.
Ce récit est né ainsi :
D’une route qui insiste
D’un souffle qui revient
D’un désir de recommencer.
Une traversée intérieure
Douce et tenace
Où les livres deviennent des compagnons
de voyage
Et où chaque tour de roue révèle un peu plus ce que la peau n’osait plus dire.
Voici donc La Route sous la Peau
Mon passage pour ce défi.
LA ROUTE SOUS LA PEAU
Elle avait ressorti sa bicyclette bleue au lever du jour
Comme on rouvre un chapitre qu’on croyait refermé.
Le métal portait encore la mémoire de La Bicyclette Bleue
Mais aussi les ombres de 101 Avenue Henri-Martin
Les parfums de Rue de la Soie
Et les battements sombres de Noir Tango
qui vibraient dans les rayons comme des secrets anciens.
Le chemin s’étirait devant elle
Bordé de haies encore lourdes de rosée.
Elle pédalait lentement
Laissant derrière elle les silhouettes de La Dernière Colline
Les murmures de La Bicyclette Rouge
Et les silences plus lourds encore de La Bicyclette Noire
Ces vies parallèles qu’elle n’avait jamais vécues
Mais qui semblaient marcher à côté d’elle
comme des fantômes bienveillants.
Elle roulait pour s’éloigner
Mais aussi pour revenir à elle-même.
Chaque tour de roue lui rappelait
qu’elle avait traversé La Guerre des Boutons de son propre cœur
Qu’elle avait survécu à des saisons entières
où tout semblait s’effondrer
Et qu’il était temps
Peut-être
De retrouver Le Temps des Cerises.
Le vent se levait doucement.
Il portait avec lui des bribes d’histoires
Comme si les pages de La Route de la Soie
se dépliaient dans l’air
Ou que les voix de Les Gens de Mogador
revenaient lui parler depuis un autre siècle.
Elle sourit malgré elle :
Les livres avaient toujours été ses compagnons de route
Ses repères
Ses refuges.
Ils l’avaient portée lorsque la vie devenait trop lourde
Et aujourd’hui encore
Ils glissaient dans son sillage comme des oiseaux familiers.
Dans sa sacoche un carnet battait.
Elle y avait noté des fragments de vie
Des phrases en friche
Des titres qui l’accompagnaient comme des talismans :
Et même Le Chant des Plaines qu’elle relisait parfois
Pour se rappeler que les routes les plus simples sont souvent les plus vraies.
La pente se fit plus douce.
Devant elle la campagne s’ouvrait
Large
Respirante
Presque neuve.
Elle s’arrêta au sommet
Posa la bicyclette bleue dans l’herbe
Et regarda le monde se déplier sous ses yeux.
Les champs semblaient sortir de La Colline aux Mille Souffles
Les nuages glissaient comme dans Le Pays où l’on n’arrive jamais
Et le silence avait cette densité particulière
des instants où l’on comprend quelque chose
sans pouvoir le dire.
Elle resta là longtemps
À écouter le vent
À sentir la terre sous ses pieds
À laisser les titres se mêler à ses pensées
comme des cailloux blancs sur un sentier.
Elle comprit alors que ce qu’elle cherchait depuis longtemps n’était pas un lieu
Ni même un avenir
Mais un souffle.
Un simple souffle.
Celui qui permet de recommencer
De croire encore
De rouvrir les pages de sa vie sans craindre les chapitres à venir.
La bicyclette bleue brillait doucement dans la lumière.
Elle la reprit
Remonta en selle
Et sentit sous ses doigts
la promesse d’un chemin nouveau.
Elle savait qu’elle repartirait.
Peut-être vers un village oublié
Peut-être vers un simple chemin de terre où l’attendait un banc
Un silence
Ou un mot.
Mais elle repartirait.
Parce que la route
Parfois
Est la seule manière de se retrouver.
L'ÉCHO DE LA PLUME PAR MARIE SYLVIE




Bonjour Marie-Sylvie, et bien bravo, ce défi Croqueurs donne à lire une bien belle page ! Merci, amitiés, jill
RépondreSupprimer