INVENTAIRE D'UNE VIE RETIRÉE
MIL ET UNE ENCORE ...
https://miletune2.com/2026/05/23/sujet-187-semaine-du-23-mai-au-30-mai/
SUJET # 187
LE MOT IMPOSÉ :
ET
Pour ce nouveau défi proposé par Lilou
nous étions invités à laisser une mosaïque d’anciennes publicités réveiller en nous un ressenti personnel.
Ce logorallye d’images
à la fois ludique et déroutant
ouvrait la porte à toutes les interprétations :
Souvenirs
Symboles
J’y ai trouvé pour ma part un miroir inattendu de ce que ma vie a quitté
transformé
traversé.
Voici donc ma participation écrite avec le mot imposé "chemin "
et avec la sincérité que cette mosaïque a fait naître en moi.
Dans cette mosaïque d’images
Je ne vois plus des objets d’hier
Mais les silhouettes effacées de gestes que je ne fais plus.
Les électroménagers alignés comme des promesses de facilité
Ce sont des mondes qui ne m’appartiennent plus.
Je ne remplis plus le frigidaire
Je ne fais plus tourner la machine à linge
Je ne porte plus le poids des jours comme on porte un foyer.
Tout cela s’est éloigné de moi
Doucement
Brutalement.
Le tigre dans le moteur ne rugit plus pour moi non plus.
Je n’ai plus de trajet professionnel
Plus de carburant à verser dans une vie qui me broyait.
La route s’est arrêtée
Mais un autre chemin s’est ouvert :
Celui où je n’avance plus avec mes jambes
Mais avec ma conscience nue.
Le rasoir lui raconte une autre histoire.
Il parle de l’ancien corps
Celui que la souffrance avait sculpté comme un corps d’homme
Massif
Tendu
Façonné par l'esclavage du travail.
Puis l’invalidité est venue
Non comme une chute
Mais comme une vérité :
Elle a défait la cuirasse
Elle a laissé revenir la femme que j’étais
Que je suis
Que je reste.
Une transformation lente
Douloureuse
Mais réelle.
Et la savonnette ...
Elle dit la renaissance de mon corps
Oui
Mais aussi sa fragilité.
La musculature s’en va
La peau devient celle d'un enfant
Et avec elle vient la dépendance
Cette dépendance que je n’ai jamais choisie.
Une régression imposée
Mais aussi une douceur étrange :
Celle de renaître malgré tout
Dans un corps qui se défait
Mais qui continue d’être moi.
Alors cette mosaïque n’est pas un catalogue de produits.
C’est un autel discret où reposent mes anciens gestes
Mes anciennes forces
Mes anciennes illusions.
Et au milieu de tout cela il y a moi :
Debout autrement
Vivante autrement
Avançant sur un chemin que personne ne voit
Mais que je porte avec une dignité qui ne s’efface pas.



Je le comprends Marie-Sylvie, quand la vie bascule..... amitiés jill
RépondreSupprimerBravo Marie Sylvie. Malgré ton handicap, tu vis et comme c'est bon de vivre, même autrement.
RépondreSupprimerBises et bon samedi. Zaza
Bravo Marie Sylvie. Malgré ton handicap, tu vis et comme c'est bon de vivre, même autrement.
RépondreSupprimerBises et bon samedi. Zaza
Marie-Sylvie, si u savais combien je suis touchée par tes mots, si forts, si émouvants, si...personnels! Certains passages me parlent tellement même si je ne vis pas ce que tu vis. Mais oui certaines situations font qu'on est et reste soi malgré ce que la maladie nous fait endurer, douleurs, privations, changements... (je souffre de polyarthrite rhumatoïde atypique évolutive) On vit la vie autrement, chaque petit bonheur est un grand bonheur, on apprécie chaque petite chose, chaque petit instant. On vit autrement. Ma devise, en-tête de mon blog, "La vie était belle, la vie est belle, la vie sera belle" et "L'Envie, L'En~Vie, La Vie".
RépondreSupprimerMerci pour tes mots pleins d'espoir et de vie.
Gros doux bisoux du coeur <3
Bonsoir Marie-Sylvie. Tes mots sont émouvants. Tu surmontes ton handicap avec beaucoup de courage et de bien jolis mots. Bonne soirée
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