CAFÉ - THÉ # 192




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Lorsque le poisson d’Avril ne fait pas rire tout le monde ...


 Le défi de Brigitte nous invite à partager un poisson d’Avril amusant
 une farce légère
un éclat de rire.  
J’ai longtemps cherché dans ma mémoire un souvenir qui pourrait entrer dans cette catégorie.  
Un moment drôle.  
Un clin d’œil.  
Une petite étincelle de malice.

Mais chaque fois que je remonte le fil du temps
c’est un tout autre 1er Avril qui revient.  
Un souvenir qui ne fait pas sourire.  
Un souvenir qui s’impose
telle une ombre qu’on n’a pas choisie.

Alors avant de vous livrer mon texte
 je préfère prévenir :  
Ce que je vais raconter n’a rien d’une plaisanterie.  
C’est une histoire vraie
 brute
qui a laissé une trace.  
Une histoire que je n’ai pas inventée pour le défi
 mais que le défi a réveillée.

Je la dépose ici
simplement
 sans chercher à l’adoucir.  

Parce que parfois
répondre au thème
 c'est aussi dire que le rire n'était pas au rendez-vous.








POISSON D'AVRIL 


C'était un matin de Printemps
Un de ces 1er Avril où l'on prétend que tout doit être léger. 
Dans la cour du collège
Les rires fusaient
Trop forts
Trop faciles. 
Moi je marchais sans me méfier
Ma longue chevelure glissant dans mon dos 
Telle une cape silencieuse.

Je n'ai rien vu venir.

Juste une ombre derrière moi
Un geste brusque
Un claquement sec. 
Puis cette sensation étrange 
Quelque chose qui colle
Qui tire
Qui s'incruste.

Lorsque je me suis retournée il riait. 
Un poisson d'Avril à la main
La colle déjà durcie dans mes cheveux
Une "blague"  disait-il.
Une farce.
Mais il n'y avait dans son regard ni malice ni innocence
Seulement la bêtise crue de ceux qui ne mesurent jamais les conséquences de leurs gestes.

J'ai essayé de nettoyer
De démêler
De sauver ce qui pouvait l'être. 
Rien n'y a fait.
La colle avait gagné.

À la maison j'espérais un refuge. 
J'ai trouvé un sourire satisfait
Presque joyeux
Devant ma détresse.

Les ciseaux ont brillé
Rapides
Définitifs.
Mes cheveux sont tombés 
Telle une pluie silencieuse sur le carrelage.

Ce jour-là on m'a coupé bien plus que des mèches.
On a tranché une part de mon insouciance
De ma confiance
De mon enfance.

Voici mon poisson d'Avril : 
Un geste violent déguisé en plaisanterie
Une humiliation que personne n'a voulu voir
Un souvenir qui ne fait rire que ceux qui ne l'ont pas vécu.









Commentaires

  1. Lu chez Brigitte, il y a des poissons d'avril qui profitent de la situation, pauvre fille.... je compatis, amitiés jill

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