TROUILLE DE SOUILLÉ
SAMEDI DU DÉFI
DÉFI # 920
https://samedidefi.blogspot.com/2026/04/defi-920.html?m=1
Comme disait Lou Deprijck :
《 On verra tout à l'heure si vous n'avez pas peur ! 》
Pour ce nouveau défi autour de la trouille,
j’ai choisi de revenir à un souvenir qui ne m’a jamais vraiment quittée.
Une nuit de campagne,
un chemin vers Souillé,
une mission trop grande pour une gamine de dix ans… et cette présence derrière moi,
lourde,
insistante,
impossible à nommer.
Ce n’est pas une histoire inventée.
C’est une peur vraie,
brute,
de celles qui vous marquent au point de rester tapies dans un coin de la mémoire.
Une peur qui ne fait pas de bruit
mais qui sait très bien se rappeler à vous.
Voici donc mon récit,
tel qu’il s’est imprimé en moi :
Sans embellir,
sans adoucir,
juste la nuit,
la terre
et la trouille qui m’a trouvée ce soir‑là.
TROUILLE DE SOUILLÉ
J’avais dix ans
Pas plus.
Ma mère m’avait envoyée chercher mon père au bistrot.
C’était tard
Un de ces tard où même les chiens dorment.
Le chemin je le connaissais par cœur
Mais cette nuit‑là il avait une drôle de figure.
Au bout de quelques pas j’ai senti quelqu’un derrière moi.
Pas un bruit franc non.
Juste une présence.
Un poids dans le dos.
Un pas qui collait au mien.
Pour vérifier j’ai tourné vers la plage de Souillé.
Un chemin bordé d’arbres
Serrés comme des vieux qui murmurent.
Là‑dedans la nuit était noire comme du goudron.
Si quelqu’un me suivait il serait obligé de tourner aussi.
Et il a tourné.
L’ombre la vraie.
Pas un rêve
Pas un bruit de bête.
Quelqu’un.
Alors j’ai couru.
Couru comme une gamine qui veut juste rester vivante.
Je n’étais pas une trouillarde
Mais là… c’était la peur qui décidait.
Dans le noir j’ai pas vu l’ornière.
Mon pied s’est tordu d’un coup sec.
La douleur m’a coupé les jambes.
Je suis tombée
Roulée dans le fossé comme un sac de grain qu’on jette.
Et puis plus rien.
Le trou noir.
Évanouie.
C’est sûrement ça qui m’a sauvée.
Le fossé m’a avalée
La terre m’a cachée.
Le type a dû perdre ma trace
Faire demi‑tour
Disparaître.
Lorsque j’ai rouvert les yeux il faisait déjà clair.
J’avais froid
J’avais mal
J’étais sale.
Et si mes sous‑vêtements n’avaient pas gardé la marque de la peur
J’aurais peut‑être cru que tout ça n’était qu’un mauvais rêve.
Mais non.
La trouille
La vraie
Celle qui vous attrape par la nuque
Je l’ai rencontrée là
Dans ce chemin de Souillé.
Et elle m’a laissée repartir
Mais jamais indemne.
Je suis sortie du fossé ...
mais pas de cette nuit-là.




Bonjour Marie-Sylvie....Si seulement ce père n'était pas à rechercher au bistrot, le soir..... Oui une belle trouille.... merci, amitiés, jill
RépondreSupprimerJe comprends pourquoi ce souvenir te colle à la peau... Quesse frousse !
RépondreSupprimerBises et bon samedi Marie Sylvie
Zaza