SOUS LA LAMPE DU PREMIER RANG
LISTE DES 11 MOTS À INTÉGRER DANS UN TEXTE :
ENTOURLOUPETTE - MOUFLET - COQUETTE - FRELUQUET - COUETTE - SILHOUETTE- CAMIONNETTE - MARIONNETTE- CAGETTE - SAVONNETTE - GRINGALET
SOUS LA LAMPE DU PREMIER RANG
Je me revois petite mouflette sérieuse
Assise au premier rang
Comme on s’abrite sous une couette invisible.
Autour de moi la classe bruissait de rires
De chuchotements
De petites entourloupettes que l’on ourdit à l’âge
Où l’on croit que la cruauté n’est qu’un jeu.
Derrière moi un freluquet
Toujours le même
S’amusait à me piquer du doigt
À lancer une remarque
À faire de ma silhouette une cible commode.
Il riait comme une marionnette mal réglée
Secouée par un fil trop tendu.
Je ne répondais pas.
Je serrais mon cahier contre moi
Comme une cagette fragile
Où je rangeais mes espoirs
Mes projets
Mes rêves encore informes.
Je savais déjà que ma vie ne tiendrait pas dans cette salle humide
Ni dans cette Sarthe
Où la pluie semblait vouloir s’installer dans les murs
Dans les vêtements
Dans les pensées.
Je voulais la lumière.
Je voulais l'Espagne.
Pendant que lui se moquait
Je me fabriquais un avenir.
Je me voyais monter dans une camionnette imaginaire
Filer vers le sud
Traverser les frontières
Sentir sur ma peau un soleil qui ne s’excuse pas d’exister.
Je me voyais marcher dans des rues ocre
Libre
Débarrassée de cette sensation de savonnette qui glisse entre les doigts
Dès que l’on tente de saisir un peu de chaleur ici.
Je me voyais devenir quelqu’un
Gagner ma vie
Tenir debout sans trembler comme un gringalet qu’un souffle renverse.
Lui derrière continuait ses moqueries de coquette en mal d’attention
Croyant m’atteindre
Mais je n’étais déjà plus là.
Je n’étais plus cette enfant qu’il croyait voir.
J’étais une trajectoire
Une volonté
Une ligne tendue vers un pays du soleil.
Je restais au premier rang
Non par docilité
Mais par nécessité.
Chaque mot noté
Chaque leçon apprise était une pierre posée
Sur le chemin qui me mènerait loin de l’humidité
Loin des rires faciles
Loin de cette enfance
Où l’on doit se battre pour exister.
Et aujourd’hui encore
Lorsque je repense à ce freluquet je souris.
Il ne savait pas que pendant qu’il riait
Moi je construisais ma liberté.



Bonjour Marie-Sylvie.... Le souffre douleur de quelqu'un même entre enfants, c'est pas marrant, tu a su dépasser cela, bel écrit, bravo, amitiés, jill
RépondreSupprimerHello Marie Gylvie
RépondreSupprimerLes rêves de l'enfance deviennet parfois réalité.
Tu as bien su rendre l'atmosphère de la classe.
Merci d'avoir participé
Bonne fin de semaine
Bises d'O.
Ah j’aime beaucoup ! C'est drôlement bien tourné , bravo pour ce souvenir d'enfance, peut-être inspiré de la réalité ?
RépondreSupprimerUn souvenir d'école. Un souvenir d'enfance bien raconté avec ces 10 mots imposés.
RépondreSupprimerTrès chouette !
Bravo !
Bon Vendredi Saint chère Marie Sylvie
Bien amicalement
Béa kimcat
Bonsoir Marie Sylvie,
RépondreSupprimerJ'ai été très touchée par ton magnifique texte qui m'a fait un tel écho ...
Je me revois à travers toi, des moments difficiles, des moqueries, un mal-être, j'étais souvent seule dans ma chambre à m'inventer un monde lumineux plein d'amour ...
Bravo pour ce superbe défi si touchant ...
Passe un agréable week-end Pascal, bisous ma douce amie, prends soin de toi, Laureen
Bonsoir Marie Sylvie.
RépondreSupprimerVest helas des scènes de vie dont on entend bien trop souvent parler Mondernier fils a subi des harcèlements étant écolier et il n'a jamais oublié. Je suis fière de ce qu'il est devenu !!
Cela ne devrait jamais etre !!!
Ton texte me touche.
Bonsoir Marie-Christine. Belle participation à ce défi avec tes souvenirs de classe où tu rêvais de soleil et de pays du sud
RépondreSupprimerun texte en apparence mignon où les mots imposés trouvent leur place,.
RépondreSupprimerUn texte qui toutefois parle du harcèlement qui peu faire beaucoup de mal dans les écoles.
FA
Bonsoir Marie Sylvie,
RépondreSupprimerJe suis autant touchée par le fond qu'admirative de la forme. Quelle plume ! Un plaisir de lecture, Marie Sylvie, vraiment.
Bonnes fêtes de Pâques,
Martine