LEÇON D' HUMANITÉ EN DEUX UNIFORMES

 




SUJET  # 917

Prière de répondre ...
QUESTIONNAIRE 
















Le couloir de l’hôpital sentait le désinfectant et la fatigue. 
Une lumière pâle glissait sur les murs
Comme si elle hésitait à vraiment éclairer. 
On m’avait appelée
Non pas comme témoin
Ni comme proche
Mais pour ce don étrange et ancien que certains reconnaissent encore
Celui qui apaise les corps lorsque les mots ne suffisent plus.

Dans la chambre l’accidenté gisait encore secoué de l’intérieur. 
Sa moto avait dansé un instant de trop
Et la route avait repris ses droits. 
Il respirait comme quelqu’un qui revient d’un autre monde.

Le médecin entra le premier suivi d’une nuée d’infirmiers. 
Leur voix n’était pas tranchante
Non… elle était lourde
Chargée d’un reproche qui tombait comme une pluie froide.

 《 Si vous aviez mieux tenu votre guidon…  
On pourrait enfin souffler pendant cette garde…  
Vous n’imaginez pas ce que ça représente pour nous… 》 

Chaque phrase frappait l’air comme une gifle.
Leur sévérité n’était pas méchante
Mais elle tombait mal. 
Le blessé lui encaissait en silence.

Puis les gendarmes sont arrivés. 
Leur présence aurait pu peser
Mais elle fut au contraire une respiration. 
Ils parlèrent doucement avec une humanité simple.

 《 Nous allons devoir vous poser quelques questions. 
C’est pour l’assurance
Pour comprendre ce qui s’est passé. 
Rien contre vous.

 Vous avez eu de la chance. 
Le mal est fait certes oui… mais vous êtes vivant. 
Et c’est pour éviter que d’autres finissent ici que nous veillons sur les routes.》

Le questionnaire n’était plus un interrogatoire
Mais une main tendue. 
Une manière de dire : 
Tu es adulte
Tu as chuté
Mais nous sommes là pour remettre un peu d’ordre autour de toi.

Ce jour-là j’ai appris que la douceur ne porte pas toujours la blouse blanche
Et que la sévérité ne porte pas toujours l’uniforme. 
La véritable guérison commence souvent par une voix qui ne juge pas.


Il arrive que la lumière se glisse 
là où l'on attendait l'ombre,
et que l'ombre tombe 
là où l'on cherchait refuge. 









Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, charmant ce toubib !!!!! Faudrait changer de métier alors.... les gendarmes furent plus compatissants, ouf.... merci, amitiés, jill

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