LÀ OÙ JE ME RETROUVE
https://plumeschretiennes.com/2026/03/30/defi-decriture-33-latlantide-au-bord-de-sa-fin/
Une question demeure
immuable :
Que perd l'homme lorsqu'il cesse d'écouter ?
Votre personnage n'est pas venu pour sauver ce monde.
Il n'en a pas le pouvoir.
Mais il est là
témoin d'une grandeur qui s'effondre.
ÉCRIRE UNE NOUVELLE OU UN POÈME
SUR LE THÈME
Ce texte a été écrit pour le défi d’écriture #33
de Plumes Chrétiennes.
Il n’a pas été retenu car il s’éloignait du thème demandé
mais il reste pour moi un chemin intérieur important
une parole de renaissance.
Je le partage ici
dans mon espace
pour celles et ceux qu’il pourra toucher.
Il s’appelait Élias.
Ou plutôt c’est ainsi que le monde l’avait nommé.
Un nom court
Sec
Pratique
Comme tout ce que la vie lui imposait.
Chaque jour il se levait avant l’aube.
Le travail l’attendait
Rude
Répétitif
Sans merci.
Les trajets interminables
Les heures debout
Les gestes mécaniques…
Tout cela avait sculpté son corps comme un outil.
Ses épaules s’étaient élargies sous le poids des charges
Ses mains s’étaient durcies
Son visage s’était fermé.
La vie l’avait façonné homme.
Pas par choix.
Par nécessité.
Il avançait dans l’existence
Comme on avance dans un tunnel :
Sans lever les yeux
Sans respirer vraiment
Sans se demander qui il était.
Puis vint le voyage.
Un voyage imposé
omme une quarantaine intérieure.
Non pas un virus
Mais la vie obligatoire qui s’effondre soudain
La routine qui se brise
Le monde qui s’arrête.
Élias monta dans un train sans savoir où il allait.
Il ferma les yeux.
Et lorsqu'il les rouvrit…
il n’était plus dans le train.
Il se tenait au milieu d’un monde magnifique.
Une vallée immense
Baignée d’une lumière douce
Des montagnes couleur de miel
Des arbres qui semblaient respirer
Et un vent tiède qui murmurait des mots qu’il ne comprenait pas.
Il ne savait pas comment il était arrivé là.
Seulement ceci :
Il devait repartir avant la fin.
Il marcha.
À chaque pas quelque chose en lui se défaisait.
La dureté de ses épaules
La tension de sa mâchoire
La rigidité de sa démarche…
Tout cela se dissolvait comme du sable dans l’eau.
Il sentit son souffle changer.
Plus profond.
Plus libre.
Et soudain il comprit.
Ce n’était pas ce monde qui se transformait.
C’était lui.
Il posa la main sur sa poitrine.
Sous la peau
Sous les muscles façonnés par la survie
Il sentit une vérité ancienne
Une vérité qu’il avait oubliée
Ou que l’on lui avait arrachée.
Il n’était pas Élias.
Il ne l’avait jamais été.
Il était Élia.
Une femme.
Une femme que la vie avait déguisée en homme pour survivre.
Une femme que le travail avait défigurée.
Une femme que la fatigue avait enfermée.
Une femme que la douleur avait rendue invisible.
Et maintenant, dans ce monde condamné
Elle renaissait.
Une parole monta en elle
Claire comme une source :
《 Voici, je fais toutes choses nouvelles. 》
Elle s’arrêta.
Ferma les yeux.
Laissa cette parole la traverser.
Oui.
Nouveau souffle.
Nouveau corps.
Nouvelle vérité.
Le monde autour d’elle commençait à se fissurer.
Le ciel se striait de rouge.
Les arbres perdaient leurs feuilles d’or.
La fin approchait.
Elle devait partir.
Elle atteignit une mare d’eau claire
Un miroir vivant.
Elle s’y pencha.
Pour la première fois elle vit son vrai visage.
Fatigué oui.
Marqué oui.
Mais féminin.
Libre.
Vivant.
Elle plongea les doigts dans l’eau.
La lumière remonta jusqu’à son cœur.
Elle sourit.
Elle n’avait plus peur de repartir
Car elle savait désormais qui elle était.
Elle ferma les yeux.
La lumière l’enveloppa
Et le monde derrière elle s’éteignit
sans disparaître.




Bonjour Marie-Sylvie, dommage, mais très beau texte tout de même, merci, amitiés, jill
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