LA DOUCEUR QUI MORD

 



LE SAMEDI DU DÉFI
DÉFI #919
https://samedidefi.blogspot.com/2026/04/defi-919.html?m=1


Une jolie fleur dans une peau de vache
Une jolie vache déguisée en fleur..
















LA DOUCEUR QUI MORD


Il est des fleurs qui ne se laissent pas approcher sans révéler un secret.  
La stramoine en fait partie : 
mais entourée d’une vigilance que l’on ne devine qu’en s’inclinant vers elle.  

En la découvrant j’ai senti se mêler l’attirance 
et la surprise
comme si cette fleur me rappelait que la fragilité n’exclut pas la force
et que la douceur peut, 
elle aussi, 
porter une morsure discrète.  

De cette rencontre est né un récit,
un murmure intérieur où je parle de lumière,
de limites
et de cette manière que nous avons, 
parfois,  






Je suis d’abord attirée par la blancheur de cette fleur.  
Elle me parle
Peut‑être parce que moi aussi
J’aime m’habiller de blanc
Comme si la lumière pouvait devenir une seconde peau.

Je me penche vers elle confiante
Pensant trouver une douceur sœur
Une innocence tranquille
Mais la stramoine me surprend : 
Sous son éclat pur je sens une pointe
Une vigilance
Presque une défense.

Je ne lui ressemble pas.  
Moi en robe longue et blanche
Je ne suis pas cette fleur qui hérisse ses bords  
pour tenir le monde à distance.  
Et pourtant…  
je reconnais quelque chose d’elle en moi :  
Cette nécessité silencieuse de se protéger pour survivre
De garder une frontière même fine
Entre ce que je donne  
Et ce que je préserve.

La stramoine se tient debout elle.  
Moi je ne le peux plus.  
Je reste alitée dans ce monde qui m’oblige à la patience
Mais ma force ne dépend pas de mes jambes.  
Elle circule autrement.

Je ne me dresse pas comme cette fleur
Mais je veille moi aussi
Depuis mon lit qui est devenu mon poste d’observation
Mon lieu de résistance douce.

Je ne suis pas armée comme elle
Je n’ai pas ses piquants
Mais j’ai appris 
À ma manière
À protéger ce qui en moi demeure vivant
À garder ma lumière intacte  
Même lorsque le corps se fait fragile.

La stramoine se défend par ses bords.  
Moi je me défends par ma lucidité
Par ma douceur qui refuse de céder
Par ma façon de rester présente  
Même immobile.





La stramoine me rappelle que la douceur 
peut veiller
même immobile
et que la fragilité sait parfois mordre 
un peu  
pour rester vivante.









Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie, encore un très beau défi... bravo et haut les coeurs, amitiés, jill

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