L' ÂGE DES MURS
https://maviesoenienne2.wordpress.com/2026/04/05/les-10-mots-pour-les-plumes-du-1er-mai/#respond
Il y a des maisons qui traversent le temps comme des vieilles parentes silencieuses
et d’autres qui ne font que passer
à peine nées déjà fatiguées.
Ce texte est né d’une réflexion simple :
Hier les vies étaient courtes
mais les maisons duraient longtemps
Aujourd’hui nos vies s’allongent
mais nos maisons
elles
ne tiennent plus qu’une génération.
Avec une liste de mots imposés :
j’ai voulu raconter ce dialogue entre les pierres anciennes
et les murs trop jeunes
entre ce qui tient et ce qui s’effrite.
Dans mon village
On dit souvent que chaque maison est un personnage à part entière.
Pas seulement un abri
Non
Un être qui observe
Qui écoute
Qui garde pour lui les secrets des familles.
Les vieilles maisons surtout.
Celles qui ont traversé tant d’âges qu’elles en sont devenues sages
Comme si la poussière des siècles leur avait appris à respirer lentement.
Elles ont été bâties sans bidouillage
Avec des gestes sûrs
Presque rituels.
Leur solidité n’était pas un apanage réservé aux riches
Mais une manière de dire au monde :
《 Je tiendrai. 》
Elles portaient en elles un héritage
Un adage transmis de génération en génération :
《 Ce qui est fait pour durer ... dure. 》
Dans ces murs-là
On vivait peu longtemps c’est vrai
Mais les maisons
Elles
Vivaient pour nous.
Elles tenaient debout comme des promesses
Comme des missives silencieux adressés à ceux qui viendraient après.
Aujourd’hui le paysage a changé.
Les maisons poussent vite
Trop vite parfois
Comme si elles répondaient à un monde pressé.
Elles n’ont plus ce grain de patience
Cette lenteur qui faisait la force des charpentes anciennes.
On vit vieux dit-on
Mais nos maisons
Elles
Ne vivent plus qu’une génération.
Elles s’effritent avant même d’avoir trouvé leur voix.
Parfois
En passant devant deux vieilles bâtisses encore debout
J’ai l’impression d’entendre un murmure de marivaudage entre elles.
Elles se taquinent
Se racontent leurs fissures
Leurs Hivers
Leurs souvenirs de familles disparues.
Elles rient doucement de ces jeunes constructions qui s’effondrent avant d’avoir appris à tenir debout.
Et moi
En marchant dans ce monde où les maisons d’hier côtoient celles d’aujourd’hui
Je me demande ce que nous transmettons vraiment.
Si nous bâtissons encore pour durer
Ou seulement pour occuper un instant.
Si nous savons encore écouter ce que les pierres disent lorsqu'elles se fendent
Car au fond
Chaque maison porte un message :
Nous ne sommes que de passage
et ce que nous croyons posséder n’est souvent qu’un souffle confié.
Chaque maison est un livre ouvert
Certaines ont perdu leurs pages
D'autres écrivent encore.



Bonjour Marie-Sylvie, juste réflexion, avec l'ancien et le monde d'aujourd'hui, rien à voir, vite construite la maison mais..... côté solidité !! Mon immeuble, 2017, en est la preuve "vivante"... il "tombe déjà en ruines"... si je puis dire ainsi ! Au cours d'une tempête, dégâts, les vieilles maisons d'en face on tenues bon, elles.... ! Merci, amitiés, jill ;-)
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