FEUILLETER LE MONDE
Pour ce nouvel atelier NID DE MOTS de ABC, Annick nous invite à choisir une œuvre : chanson,
poème,
tableau,
sculpture,
monument,
livre ou tout autre support
et à nous en inspirer pour écrire un texte
Mais devant cette liste généreuse
je me suis surprise à sourire
car pour moi toutes ces formes d’art ne sont que des miroirs d’une seule et même source :
La mer chante avant les chanteurs.
Le vent compose avant les musiciens.
La pluie invente des rythmes que nul instrument ne peut imiter.
Les oiseaux,
les insectes,
les montagnes,
les cascades…
tous sont déjà des œuvres,
des maîtres,
des muses.
Alors plutôt que de choisir une création humaine,
j’ai choisi de me tourner vers la première de toutes :
La Nature
ce livre immense que je ne me lasse jamais de feuilleter.
Je n’ai jamais vraiment su choisir entre une chanson
Un tableau
Un poème ou un livre.
Chaque fois qu’on me demande de sélectionner une œuvre
Je sens la nature se lever derrière moi
Comme une grande présence qui murmure :
《 C’est moi ton inspiration première. 》
Alors je viens aux ateliers d'écriture avec cette certitude douce :
Tout commence dehors
Dans le vaste monde.
La mer chante avant les chanteurs.
Le vent compose avant les musiciens.
La pluie invente des rythmes que personne n’a jamais su transcrire.
Les oiseaux écrivent des portées mouvantes dans le ciel
Et les insectes eux brodent des notes minuscules dans les herbes tels des calligraphes secrets.
Je n’ai pas besoin de feuilleter un recueil :
La vie est déjà un livre ouvert.
Chaque page est un matin
Une lumière
Un souffle.
Chaque ligne est un sentier
Un parfum
Un battement d’aile.
Je tourne les pages du monde comme on tourne celles d’un roman que l’on aime trop pour le refermer.
Les montagnes elles se dressent telles des sculptures millénaires
Patientes
Immobiles
Mais vibrantes d’une force ancienne.
Les cascades elles taillent la pierre avec la précision d’un sculpteur amoureux
Et le paysage entier devient un tableau mouvant
Un chef‑d’œuvre que personne ne pourra jamais enfermer dans un cadre.
C’est pour cela que je participe aux ateliers.
Non pour obéir à un thème
Mais pour donner forme à ce qui m’habite.
Pour laisser la Nature
Immense et humble
Traverser mes phrases.
Pour offrir un refuge aux merveilles qui me traversent
Comme si chaque mot était une petite barque déposée sur l’eau du monde.
Je n’écris pas parce qu’on me le demande.
J’écris parce que la vie m’appelle.
Et tant qu’elle continuera de se déployer devant moi comme un livre infini
Je continuerai d’en suivre les lignes
Émerveillée
Page après page.


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Bravo ! Ce monde est merveilleux, avant même tout art de la main de l'homme.... amitiés, jill ;-)
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