ENTRE DEUX CLASSES

 



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ANAGRAMME  #16











Parfois un simple trajet en train suffit à révéler nos vieilles habitudes sociales.  
On croit voyager
et l’on se retrouve face à un classement : Première classe d’un côté
deuxième de l’autre. 
Une frontière discrète
presque banale
mais qui dit beaucoup de la manière dont on organise le monde.

Ce texte est né de ce constat : 
Même en mouvement
même entre deux gares
on continue de séparer.  
J’ai voulu interroger ce geste
le regarder en face
 et dire ce qu’il raconte de nous.











Dans le train tout semble commencer par un lancement anodin :  
Un quai
Une annonce
Des portes qui s’ouvrent
Mais très vite
La vieille mécanique sociale se remet en marche
Cessant jamais de rappeler qu’elle adore séparer.  
Ici la première classe
Là-bas la deuxième.  
Un classement en deux colonnes
Comme si la dignité devait voyager tarif par tarif.

On avance.
On trébuche sur un lacement défait.
On entend un cassement de voix
Des éclats de conversations qui ne se mélangent pas.  
Et parfois dans un regard
Une petite menace muette :  
《 Vous êtes sûre d’être du bon côté ? 》

Tout cela salit salement le voyage
Car derrière les sièges plus larges
Les lumières plus douces
Il y a une idée bien plus dure :  
Celle qu’on peut acheter du calme
Du confort
De la tranquillité
Pendant que d’autres s’entassent dans un wagon qui n’a rien de clément.

Et dans tout cela le mental s’interroge :  
Comment peut-on encore accepter 
Que le simple fait de se déplacer  
Devienne un miroir de nos inégalités ?
Pourquoi faudrait-il que le train
Lieu de passage
Reproduise les mêmes frontières que la société
Les mêmes barrières invisibles
Les mêmes hiérarchies qui usent les corps et les vies ?

Car au fond dans chaque wagon
Les gens rêvent
Lisent
Espèrent
S’inquiètent
Exactement de la même manière.  
Le classement n’est pas une nécessité :  
c’est une habitude
Un héritage
Un réflexe que l’on pourrait très bien désapprendre.

Et peut-être qu’un jour alors on voyagera autrement :  
Sans rangs
Sans catégories
Sans cette vieille idée que certains méritent plus d’espace que d’autres.  
Juste des humains
Côte à côte
En mouvement.










Commentaires

  1. Bonjour Marie-Sylvie... le même billet, même confort etc, ben oui, j'adhère.... merci, amitiés jill

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  2. Le monde est malheureusement régi par cette differenciation de classe sociale et comme le disait ma grand-mère, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes.
    Bises et bon mercredi Marie Sylvie.
    Zaza

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  3. Bien vu ! Ce serait mieux s'il n'y avait pas de classe 1 et de classe 2 dans les trains
    Pour avoir le même confort pour rêver, s'inquiéter, lire, espérer...
    J'aime bien voyager en train (en deuxième classe, hélas !)
    Bon mercredi chère Marie Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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  4. C'est tellement vrai ce que tu écris mais je crois hélas, que ta conclusion restera une douce utopie. Il me semble me rappeler qu'autrefois, il y avait même une troisième classe encore plus bas de gamme que la deuxième. Cette deuxième classe où nous nous entassions à neuf dans un seul compartiment pour partir en vacances chez notre grand-mère bretonne. Bisous de première classe chère Marie-Sylvie
    An'Maï

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  5. des clsses biens inutiles pour faire le même trajet,
    quoiqu'il m'est arrivé de trouver dans le même trai des premières moins chère que des secondes parce que non demandées

    FA

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  6. Bonsoir Marie-Sylvie. La différence est plus criante encore dans les avions entre les différentes classes. Bonne soirée

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  7. Le monde du train, de l'avion, du bateau n'a pas changé hélas, nous allons tous vers la même destination mais certaines personnes n'aiment pas du tout se "mélanger " au commun des mortels; pourtant si elles recherchent confort et tranquillité, elles ne savent pas qu'elles perdent peut-être l'occasion de faire de belles et sympathiques rencontres.
    J'aime beaucoup ton idée de partage, gommer toutes ces barrières, cet idéal partagé par les jeunes en général .
    Merci pour tes mots déposés.
    Amicalement
    Balaline

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  8. Moi, pourvu que j'arrive à destination. Le reste n'a pas d'importance. Merci Marie Sylvie. Amitiés.

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