CASCADE INTÉRIEURE

 


MIL ET UNE ENCORE 



SUJET # 181 

LE MOT :

L'IMAGE 

AU CAFÉ  - 1949 - Léonard FOUJITA 











Dans cette scène je me reconnais.
Je suis cette femme penchée sur la table
Non pour fuir le monde
Mais pour écouter ce qui remue en moi. 
Je reste immobile
La tête appuyée contre ma main
Et déjà les souvenirs se lèvent
Un à un
Telle une cascade lente qui cherche son chemin.

Je ne tiens plus de crayon.
Mes doigts ne tracent plus les lignes d’autrefois
Mais je pousse les lettres
Doucement
Comme on déplace des pierres sacrées.
Chaque pièce de scrabble devient un fragment de moi
Une prière minuscule
Un acte de fidélité envers ma propre histoire.

Sur la table de la toile l’encre déborde.
Un mince filet noir
Fragile
Qui me rappelle mes propres débordements intérieurs.
Les souvenirs surgissent sans ordre
Tels des morceaux de puzzle que je tente de rassembler. 
Parfois ils s’emboîtent
Parfois ils résistent
Mais tous portent une lumière
Même ceux que je croyais perdus.

Je n’ai pas de verre de vin.
Devant moi c’est une tisane chaude
Une vapeur douce qui monte
Telle une bénédiction discrète. 
Elle m’ancre.
Elle m’apaise
Elle me dit que je suis encore là
Vivante
Présente
Capable d’accueillir ce qui revient.

Dans cette femme je vois ma propre patience.
Ma manière d’avancer autrement
D’écrire autrement
De me souvenir autrement.
Je vois ma force silencieuse
Celle qui ne fait pas de bruit 
Mais qui persiste
Qui rassemble
Qui répare.

Et dans ce moment suspendu
J’entends une voix intérieure
Légère comme un souffle :


《 Laisse venir.
Ce qui remonte n’est pas là pour te blesser
mais pour te révéler. 》











Commentaires

  1. Tu te reconnais bien...
    Béa kimcat

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  2. Voici une autre version pour Mil et Une, mention très bien, amitiés jill ;-)

    RépondreSupprimer

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