LÀ OÙ LES OISEAUX SE TAISENT
Il y a dans le ciel un souffle ancien
Que les oiseaux connaissent par cœur.
Un souffle lent
Patient
Qui porte les ailes comme on porte un secret.
Puis vient l'avion.
Un trait de vitesse qui déchire la page bleue
Un animal de métal qui ne sait pas attendre
Qui traverse le silence
Comme on traverse un champ
Sans regarder où l'on pose le pied.
Je le vois passer
Et tout en moi se contracte.
Le bruit tombe d'un coup
Comme une pierre jetée dans un lac de sérénité.
Les oiseaux se taisent
Le vent retient sa phrase
Le ciel se froisse.
L'avion pour moi
C'est l'impatience faite machine.
C'est le monde qui court plus vite que son propre cœur.
C'est la vitesse qui ne demande jamais pardon
Qui ne s'excuse pas d'avoir dérangé la paix d'un après-midi
La trajectoire d'une mésange
La respiration du monde.
Je rêve parfois d'un ciel rendu à sa lenteur
À ses nuages qui dérivent telle des pensées tranquilles
À ses oiseaux qui écrivent leurs lignes sans qu'un grondement ne vienne les raturer.
Je rêve d'un temps où les avions resteraient au sol
Non par contrainte
Mais parce que nous aurions retrouvé le goût de la proximité
De la patience
Du voyage intérieur.
Alors le ciel redeviendrait un refuge
Un espace sans urgence
Où chaque battement d'aile
Serait une célébration du vivant.
Et peut-être qu'alors
Nous apprendrions à nouveau
À vivre à la vitesse du souffle.


Bonjour Marie-Sylvie, l'avion, aujourd'hui dans les moeurs, les aéroports bondés comme gare, pour aller plus loin et plus vite, eh oui.... merci, amitiés, jill
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