LA DANSE DU MIROIR

 








IMAGE POUR LA DÉCORATION 








Le forgeron revenait à son atelier pour récupérer un outil oublié lorsqu'un bruit sec le fit sursauter. 
Saperlipopette ! souffla-t-il en se plaquant contre le mur. 
Dans la maison voisine une silhouette venait de forcer la fenêtre. 
Le Printemps apportait son renouveau 
mais ce soir-là l’air avait quelque chose de crispé.

À travers l’entrebâillement il aperçut l’intrus qui fouillait la pièce avec une précision glaciale.
Il décrocha un miroir qu’il glissa sous son bras avant de se diriger vers la sortie.

C’est à ce moment que le livreur de fleurs arriva
un bouquet soigneusement préparé dans les mains. 
Il effectuait toujours cette livraison à la même heure : 
Un collègue secrètement épris de la destinataire préférait la discrétion du soir certain qu’elle serait rentrée chez elle. 
En tournant dans la ruelle le livreur tomba nez à nez avec l’homme qui sortait de la maison voisine. 
Il se figea. 
Ce visage il l’avait déjà vu. 
Souvent. 
Trop souvent.

Cet individu se présentait comme ornithologue,
toujours à rôder dans le quartier, 
soi-disant pour observer les oiseaux
mais le livreur lui avait remarqué ses détours suspects, 
ses regards trop longs, 
ses présences répétées. 
Ce n’était pas un passionné de nature. 
C’était un voyeur méthodique.

Le voleur fit un pas vers lui puis un autre. 
Une danse silencieuse, 
tendue, 
où chacun évaluait l’autre, 
prêt à fuir ou à frapper.

Ce n’est qu’alors que le livreur remarqua l’objet serré contre la poitrine de l’homme : 
Un miroir somptueux, 
encadré d’une mosaïque de pierres fines, 
un travail d’artisan d’une valeur inestimable.

La pluie se mit à tomber 
d’abord en gouttes éparses 
puis en rideau plus dense. 
Le livreur sentit une délivrance discrète : 
Il put baisser la tête pour protéger le bouquet,
laissant l’eau ruisseler sur son visage. 
Ce geste banal lui permit d’éviter le regard du voleur, 
de ne pas se laisser happer par ce contrôle silencieux qui pesait entre eux.

Alors sans un mot, 
chacun profita de ce rideau d’eau pour poursuivre sa route :  
Le voleur s’éloigna d’un pas vif
Le livreur accéléra vers sa livraison
Et le forgeron toujours tapi dans l’ombre
sentit que la pluie venait d’effacer les traces d’un instant dangereux.










Commentaires

  1. Coucou Marie Sylvie.
    Et personne n'est intervenu pour arrêter ce voleur qui repartait avec son larcin ???
    Bises et bon samedi - Zaza

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  2. Chacun poursuivit sa route après ce vol de miroir...
    Saperlipopette !!!
    Bel oiseau en illustration
    Bon samedi
    Bien amicalement chère Marie Sylvie
    Béa kimcat

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  3. Satané voleur, qui viole notre intimité, et pas que..... merci, amitiés, jill

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  4. un drôle d'oiseau on peut le dire

    FA

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  5. Bonsoir Marie-Sylvie. Trois hommes et un miroir volé. Tu as placé tous les mots imposés

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