DICTOPIA 2
CONSIGNE AEV 2526 - 18
COMPLÉTER LE TABLEAU EN ESSAYANT DE TROUVER TROIS MOTS RÉPONDANT À LA CONTRAINTE ÉNONCÉE :
■ MOTS APPARTENANT AU CHAMP LEXICAL DU SPORT :
■ MOTS DANS LESQUELS ON NE TROUVE PAS DEUX FOIS LA MÊME LETTRE :
■ MOTS QUI FINISSENT PAR UNE CONSONNE :
Parfum - Velours - Regard
■ MOTS FÉMININS :
Lumière - Pensée - Douceur
■ MOTS COMPRENANTS TROIS SYLLABES :
■ MOT COMPLÈTANT LA PHRASE 《 J'ADORE LE - LA OU LES ... 》
Soleil - Musique - Fraises
■ NOMS PROPRES DE LIEU :
■ MOTS OÙ ALTERNENT VOYELLES ET CONSONNES :
Rosace - Mélodie - Rivage
■ MOTS DU CHAMP LEXICAL ANIMAL :
ÉCRIRE ENSUITE UN TEXTE
INTÉGRANT AU MOINS
NEUF DE CES VINGT-SEPT DE CES MOTS
Le vieux stade n’était plus qu’un cercle silencieux mangé par les herbes folles.
Les gradins s’effritaient mais la piste demeurait une fine cicatrice ocre qui filait vers l’inconnu.
Je m’y engageai au petit matin un livre dans la poche et une plume coincée entre ses pages comme un talisman.
Le vent portait un parfum de terre humide et la lumière naissante glissait sur le sol avec une douceur presque animale.
Au bout du chemin un ancien gymnase se dressait éventré par le temps.
Les vitres brisées laissaient entrer des rais de lumière qui découpaient l’air en éclats mouvants.
Je m’arrêtai un instant happé par une pensée étrange :
Et si les lieux abandonnés respiraient encore comme des bêtes endormies ?
Je repris ma marche.
La forêt s’ouvrit devant moi profonde et bruissant comme traversée de chants invisibles.
Un papillon surgit décrivant dans l’air une rosace délicate comme une signature vivante.
Je le suivis du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse entre deux troncs avalé par l’ombre.
Plus loin la forêt s’effilochait en dunes blondes. Le vaste rivage apparut vibrant et baigné d’énergie.
Le soleil montait lentement et la mer jouait une musique lente presque une mélodie de respiration.
Sur un rocher quelqu’un avait laissé une petite corbeille de fraises rouges et brillantes.
Je souris : Le monde a parfois des gestes de tendresse inattendus.
Je longeai la côte.
Les paysages changeaient comme des humeurs :
Ici la rudesse de la Bretagne avec ses vents qui sculptent les jours.
Là les ciels immenses de la Normandie traversés de nuages pressés.
Plus loin encore la chaleur de la Provence où les pierres gardent la mémoire du soleil.
C’est dans cette transition de terres que je la vis.
Une panthère noire immobile et posée sur un promontoire rocheux.
Sa silhouette découpée dans la lumière semblait irréelle.
Je m’arrêtai net le souffle suspendu.
Elle ne bougea pas.
Son regard profond et calme n’avait rien de menaçant.
Il disait seulement :
《 Je suis là tu es là et cela suffit.》
À ses pattes un lionceau trottinait maladroitement.
Il s’approcha de moi curieux et sans peur.
Je m’accroupis.
Il renifla mes doigts puis la plume dépassant de mon livre.
La panthère derrière lui resta silencieuse mais je sentis son attention dense comme du velours sombre.
Le lionceau fit un petit bruit semblable à un miaulement rauque puis se retourna vers une cavité dans la roche.
Je compris : C’était leur tanière.
Je restai là longtemps assise sur le sable
à écouter la mer
à regarder le lionceau jouer avec un morceau de bois
à sentir la présence tranquille de la panthère.
Le monde semblait soudain tenir dans ce triangle fragile : La mer la bête et moi.
Et dans cette immobilité quelque chose se dénoua.
Une harmonie discrète presque secrète se glissa dans l’air.
Je sentis que je n’étais plus une simple passante :
J’étais devenue témoin d’un instant que personne ne pourrait jamais me reprendre.
Lorsque je me relevai la panthère inclina légèrement la tête comme un salut.
Le lionceau trottina vers elle puis disparut dans la tanière.
Je repris le chemin du retour le livre contre moi et la plume frôlant ma peau.
Et je sus que quelque chose en moi avait changé de place ... comme si une bête douce avait trouvé sa propre tanière dans ma mémoire.



Bravo, quelles consignes, elles sont exigeantes !!! Bon W-E Marie-Sylvie, amitiés, jill
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