LE COUP DE LA PANNE ... DE L'HUMILITÉ
ÉCRITS -CRÉATIONS ET DÉFIS
UN THÊME - QUATRE MOTS # 06
Le thème :
Les 4 mots :
LE COUP DE LA PANNE ... DE L'HUMILITÉ
Il arrive toujours un moment où la route se tait.
On croyait filer droit
porter par l'élan
par l'habitude
par cette confiance tranquille qui fait croire que tout ira comme prévu.
Et puis sans prévenir quelque chose se grippe.
Un souffle manque.
Une lumière clignote.
Le moteur intérieur tousse
hésite
arrête.
C'est le coup de la panne !
Pas celle qui fâche.
Pas celle qui fait lever les yeux au ciel.
Mais celle qui oblige à descendre du véhicule de soi-même
à poser les mains sur les hanches
à regarder autour.
Une panne qui n'est pas un obstacle
mais une invitation.
On se retrouve là
sur le bas-côté de sa propre histoire
un peu démunie
un peu fragile
comme si le monde avait soudain retiré le tapis sous nos pieds.
On écoute.
On respire.
On découvre que le silence a une texture
que l'immobilité a un goût
que l'arrêt n'est pas une défaite
mais une respiration plus vaste que la nôtre.
Alors
doucement
quelque chose change de tournure.
Ce qui semblait une interruption devient un seuil.
On ne cherche plus
à réparer tout de suite
à comprendre
à forcer.
On accepte de ne pas savoir.
On accepte de ne pas maîtriser.
On accepte de ne pas être la propritaire absolue de son propre chemin.
Et dans cette acceptation la lumière s'allume.
Pas celle du tableau de bord
mais celle du dedans.
Une lumière humble
presque timide qui murmure :
《 Tu peux t'arrêter. Tu peux t'asseoir.
Tu peux laisser venir.》
Alors on s'assoit.
On regarde la route que l'on croyait connaître.
On voit les herbes qui frémissent
les oiseaux qui tracent des lignes invisibles dans le ciel
les ombres qui glissent sur le bitume telles des confidences.
On se rend compte que l'on n'avait jamais vraiment regardé.
Que l'on roulait trop vite pour voir la beauté du monde immobile.
Et c'est là que l'humilité se glisse sans bruit.
Elle ne sermonne pas.
Elle ne juge pas.
Elle se contente d'être là
telle une main posée sur l'épaule
tel un souffle qui dit :
《 Tu n'es pas obligée d'être forte tout le temps.
Tu n'es pas obligée d'avancer sans pause.
Tu peux te laisser rejoindre par ce qui te dépasse.》
Oui rejoindre.
Ce verbe qui ouvre
qui relie
qui apaise.
Rejoindre le monde tel qu'il est
et non tel que l'on voudrait le contrôler.
Rejoindre son propre rythme
plus lent
plus vrai.
Rejoindre cette part de soi
qui sait que la panne est parfois la seule manière de retrouver la direction.
Alors lorsque le moteur redémarre
car il finit toujours par redémarrer d'une manière ou d'une autre
on ne repart pas tout à fait la même.
On roule un peu moins vite.
On écoute un peu plus.
On laisse de la place pour les détours
les pauses
les imprévus.
On sait désormais que l'humilité n'est pas une faiblesse
mais une manière d'habiter la route avec
plus de présence
plus de douceur
plus de vérité.
Et parfois on se surprend même à sourire
en repensant à cette panne.
Parce qu'elle a ouvert une brèche.
Parce qu'elle a permis une rencontre.
Parce qu'elle a rappelé que la vie n'est pas une ligne droite
mais une succession de haltes
de reprises
de respirations.
Le coup de la panne ... de l'humilité.
Un arrêt qui finalement remet en mouvement.
Parfois la panne n'interrompt rien
Elle ouvre l'espace
où l'humilité peut enfin nous rejoindre.



Bonjour Marie-Sylvie, ah oui ce genre de panne, celle des doutes en chemin, c'est très bien dit pour avancer et voir autrement.... merci, amitiés, jill
RépondreSupprimer