LA TABLE OÙ LE TEMPS S'ASSIED
《 LES LONGS REPAS FONT
LES COURTES VIES 》
Ce proverbe a l’air simple presque taquin
mais il porte un enseignement beaucoup plus vaste que la seule idée de « trop manger raccourcit la vie ».
Il parle surtout de notre rapport au temps,
à l’excès,
et à ce que nous consommons ... pas seulement dans l’assiette.
Le temps que l’on croit gagner,
on le perd parfois autrement.
Les « longs repas » symbolisent toutes les situations où l’on s’attarde trop,
où l’on se laisse absorber par le confort,
la routine,
la complaisance.
Le proverbe rappelle que la vie n’est pas infinie
et que s’y attarder sans conscience peut la raccourcir.
L’excès finit toujours par coûter quelque chose.
Ce n’est pas un appel à la frugalité stricte
mais une mise en garde contre les excès :
trop de nourriture,
trop de fêtes,
trop de lenteur,
trop de complaisance…
Tout excès finit par mordre dans notre vitalité.
La modération est une forme de liberté.
Ce proverbe suggère que savoir s’arrêter,
savoir dire « assez »,
c’est préserver sa santé,
son énergie,
son élan.
La modération n’est pas une privation
mais une manière de garder de la place pour vivre.
Le temps est un convive discret.
On croit que le repas dure parce qu’on le prolonge
mais en réalité,
c’est le temps qui avance
même lorsqu'on ne le regarde pas.
Le proverbe invite à ne pas oublier ce convive silencieux.
Il y a une nuance subtile :
le proverbe ne condamne pas la joie,
le partage,
la table.
Il rappelle simplement que savourer n’est pas se perdre
et que la vie demande un certain rythme pour rester vivante.
On s’attarde à table
Comme on s’attarde au monde.
La nappe retient les heures
Les verres capturent la lumière
Et les voix s’étirent en rubans tièdes.
On croit savourer le temps
Mais c’est lui qui nous goûte
Grain après grain
Tel un convive discret qui ne laisse jamais de miettes.
Les plats se succèdent
Les rires aussi
Et l’on ne voit pas que la vie sous la table
Défait lentement ses chaussures pour repartir plus vite.
Pourtant dans ces festins trop longs
Il y a une vérité douce.
Si les vies se raccourcissent
C’est peut-être qu’on y a mis
Trop de chaleur
Trop de présence
Trop de pain partagé.
Et qu’au fond ce qui nous manque le plus
N’est jamais le temps
Mais l’appétit de vivre assez fort
Pour le perdre un peu.




apprenons a gérer nos excès
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