LA ROUTE DES OMBRES ACCORDÉES






TIRAGE 36 - 14 LETTRES - VERBE
Α Α Α Ε Ι Ο Μ Τ G B L S R R

DÉFINITIONS :
Peu employé et tiré du vocabulaire rabelaisien permet de désigner une activité qui n'a aucun sens, une perte d'énergie dans des action qui ne sont pas ciblées et n'aboutissent à rien.

Et termes clairs se faire des nœuds au cerveau..


LES ÉPICES :
Arôme - Alarme -  Moraliste


ÉCRIRE UN TEXTE EN RAPPORT AVEC LE MOT MYSTÈRE


ET EN Y INTÉGRANT UN DOUZAINE DE SES ANAGRAMMES Y COMPRIS LES ÉPICES










On raconte qu’il existe un chemin qui n’apparaît qu’aux jours où l’esprit se sent matagrabolisé comme si le monde entier s’était mis d’accord pour brouiller les pistes, renverser les repères et souffler une poussière d’incompréhension sur chaque pensée.  
C’est précisément un de ces jours-là que je l’ai trouvé.

Je venais de quitter la maison encore enveloppé de cette alarme sourde qui résonne parfois dans la poitrine sans raison précise. 
Une alarme qui n’appelle ni fuite ni combat mais une sorte de disponibilité inquiète.  
L’air avait un arôme étrange, un mélange de terre humide et de souvenir ancien comme si le temps lui-même avait décidé de se parfumer pour mieux me troubler.

Le chemin s’ouvrait devant moi, étroit, sinueux, bordé d’arbres dont les branches formaient un toit sombre mais protecteur.  
Je marchais sans but ou plutôt avec ce but flou qui consiste à chercher ce qu’on ignore encore.

Très vite j’ai aperçu deux silhouettes assises sur un tronc renversé.  
L’une portait un manteau strict, presque sévère et tenait un carnet rempli de règles, de principes, de phrases soulignées trois fois.  
L’autre, pieds nus, riait en regardant les nuages comme si rien ne méritait d’être pris au sérieux.

《 Je suis le moraliste》 dit le premier sans lever les yeux.  
《 Et moi l’amoraliste 》répondit l’autre en me saluant d’un geste ample.

Ils semblaient engagés dans une discussion sans fin, une sorte de duel sans bagarre où chaque argument glissait comme une feuille morte portée par le vent.  
Je restai un moment à les écouter.  
Le moraliste parlait de devoir, de structure, de ce qui se fait et ne se fait pas.  
L’amoraliste répondait par des éclats de rire, des pirouettes verbales, des invitations à regarder le monde sans grille, sans cadre, sans arbitrage préalable.

Je compris alors que leur débat n’était pas destiné à être tranché.  
Il était là pour accompagner les voyageurs, pour leur rappeler que la vie se joue toujours entre ces deux pôles : 
La rigueur et la liberté, la règle et l’élan, l’ombre et la lumière.

Je repris ma route, laissant derrière moi leurs voix qui se mêlaient comme deux ruisseaux contraires.  
Le chemin devint plus large, plus clair.  
Un rayon de soleil perça le feuillage, dessinant sur le sol une ligne dorée qui semblait m’inviter à avancer.

Plus loin, un panneau en bois indiquait :  
« Zone d' Arbitrage intérieur ».  

Je souris.  
Le lieu avait quelque chose de rétro comme un décor de film ancien où l’on viendrait régler des conflits invisibles.

Je m’assis sur une pierre plate.  
Autour de moi, le silence avait une qualité magistrale, presque solennelle.  
Je sentais que quelque chose en moi cherchait à se dire, à se redresser, à se clarifier.  
Mais chaque pensée, à peine formulée, se dissolvait dans un nuage d’ombrage comme si le doute lui-même avait décidé de jouer les arbitres.

Alors je respirai.  
Longuement.  
Profondément.  
Et dans cette respiration, je compris que l’arbitrage que je cherchais n’était pas celui d’un juge extérieur, mais celui d’une voix intérieure qui ne parle qu’à condition d’être écoutée sans précipitation.

Je restai là longtemps, peut-être une heure, peut-être une vie.  
Puis, sans raison particulière, je me levai.  
Le chemin continuait, et je le suivis.

À mesure que j’avançais, le paysage changeait.  
Les arbres s’écartaient, laissant place à une clairière baignée d’une lumière douce.  
Au centre, une petite table en pierre portait une inscription :  
« Ici, toute décision est arbitrale
Toute hésitation est passage. 
Toute ombre est enseignement. »

Je posai la main sur la surface froide.  
Et soudain, tout ce qui m’avait matagrabolisé depuis le matin se mit à se dissoudre non pas en disparaissant mais en trouvant sa place comme si chaque fragment de confusion devenait une pièce d’un puzzle plus vaste, plus cohérent, plus vivant.

Je compris alors que la vie n’est jamais un combat entre le clair et l'obscur mais une danse.  
Une danse où chaque pas, même maladroit, même hésitant, contribue à tracer un chemin.

Je quittai la clairière avec une sensation nouvelle :  
Celle d’être accordé.  
Pas parfaitement, pas définitivement mais suffisamment pour continuer.

Et tandis que je reprenais la route, je murmurai comme une promesse douce :

« Que chaque ombrage devienne lumière en devenir.  
Que chaque alarme devienne souffle.  
Que chaque bagarre intérieure devienne arbitrage de paix.  
Et que la vie, toujours, me trouve en marche. »










Commentaires

  1. Ce mot est un vrai remue-ménage, prenons le jour comme il vient, comme tu le soulignes justement à la fin, merci aussi, amitiés, jill

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  2. Coucou Marie Sylvie.
    J'ai aimé lire ta cerise sur le gâteau. Bravo
    Bises et bon début de semaine. Zaza.

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  3. Marchons du mieux possible sur le chemin de la vie...
    Ton esprit tu l'as bien matagrabolisé
    Bon lundi chère Marie-Sylvie
    Bien amicalement
    Béa kimcat

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