FRISSONS DE PIERRE ET DE LUMIÈRE
ÉCRIRE UN TEXTE INSPIRÉ DE LA PHOTOGRAPHIE PROPOSÉE PAR LYDIA :
DE VÉZELAY
ET INTÉGRER LES MOTS SUIVANT
PROPOSÉS PAR LES PARTICIPANTS :
Panique - Prosaïque - Trafic - Authentique - Pacifique - Unique - Bique - Chaotique - Électrique - Mystique
BASILIQUE SAINTE-MARIE-MADELEINE
Je n'ai jamais franchi le seuil de Vézelay.
Jamais mes pas n'ont résonné sur ses dalles
Ni mes mains effleuré ces murs de pierres.
Et pourtant je frissonne.
Frissons sans panique
Sans chaos
Sans trafic.
Frissons qui ne viennent pas du vent
Ni du froid
Ni du silence trop vaste.
Mais de cette vibration électrique
Presque mystique qui s'élève des lieux
Où l'humain a prié longtemps
Où le souffle s'est fait chant
Où la pierre s'est faite offrande.
La Basilique Sainte-Marie-Madeleine
Je l'imagine
Unique dans sa posture
Prosaïque dans sa matière
Authentique dans son appel.
Elle ne cherche pas à séduire.
Elle ne parade pas.
Elle est là massive
Pacifique
Telle une bique sacrée couchée sur la colline
Gardienne d'un mystère que nul ne peut vraiment nommé.
Je ferme les yeux.
Et déjà je suis là-bas.
Le ciel est bleu
Mais ce n'est pas lui qui m'éblouit.
Ce sont les vitraux
Les arches
Les ombres qui dansent sur les murs.
Ce sont les siècles qui me regardent
Sans bruit
Sans jugement.
Je frissonne parce que dans ces lieux
Quelque chose me dépasse.
Quelque chose me parle sans mots
Me touche sans main.
Ce n'est pas la foi.
Ce n'est pas le dogme.
C'est l'écho d'un geste ancien
D'un chant oublié
P'un pas nu sur la pierre.
Je frissonne parce que je suis là
Et que je ne suis pas seule.
Même ceux qui n'ont ni croyance ni histoire y sont touchés.
Je suis accueillie par la mémoire des autres
Ceux qui ont pleuré
Espéré
Aimé
Ceux qui ont laissé ici un peu de leur âme.
Et dans ce frisson il y a une joie étrange.
Une joie chaotique
Électrique tel un vertige doux
Telle une danse intérieure.
Je suis vivante et je le sens.
Je suis fragile et je l'accepte.
Alors je reste là immobile
Dans mon rêve de basilique.
Je laisse le mystique m'envahir.
Je laisse le prosaïque s'effacer.
Je suis une passante
Une pèlerine sans route
Mais mon cœur bat au rythme des pierres.
Et lorsque je rouvrirai les yeux
Je saurai que Vézelay m'a frôlée
Sans m'avoir vue.
Il est des lieux qui nous touchent
Sans nous voir.



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